« Je préfère entraà®ner des garçons »
29/08/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 63 | Par Jérémie Demay

La Gazette : Comment regardiez-vous le hand féminin quand vous étiez joueur ?
Denis Lathoud, entraîneur du DBHB : Je ne le regardais pas à la télé, parce qu’il n’y en avait pas. J’avais très peu d’occasions pour le voir car à ces moments-là, j’étais moi aussi en championnat. Finalement, je ne pouvais le regarder que lors des championnats nationaux et des Jeux olympiques pour lesquels l’équipe n’était pas qualifiée, ainsi que dans les grandes compétitions internationales. Mais cela fait à peine une dizaine d’années que je découvre réellement le handball féminin.
Est-ce que vous aviez un regard amusé sur les filles qui jouaient au hand ?
Non, je n’avais pas un regard amusé car il y avait des choses intéressantes techniquement, même si l’impact physique n’est pas le même que celui que j’avais avec les garçons. Mais on ne parlait déjà pas beaucoup du handball masculin, le féminin n’était donc que très peu médiatisé. L’équipe de France féminine a vraiment été découverte aux alentours des années 2000, il n’y a donc que très peu de temps.
Si vous aviez eu la possibilité d’entraîner des filles, l’auriez-vous fait ?
Oui, pourquoi pas. Même si je préfère entraîner des garçons, mais avec des filles cela pourrait être intéressant. Peut être que même à travers un groupe, manager des filles n’est pas du tout pareil que manager des garçons. Il y a sûrement des choses à prendre pour être un entraîneur complet.
Où sont les différences entre les garçons et les filles, à part évidemment le point de vue physique ?
Je pense que la plus grosse différence doit être dans la cohésion du groupe. Je pense que les filles sont peut être plus soudées. Mais je ne peux pas réellement parler de la question puisque je n’ai jamais entraîné des filles. C’est assez difficile pour moi de donner un avis. Le handball, c’ est la même chose.
Depuis que vous êtes à Dijon, allez-vous voir les matchs du CDB ?
Oui j’ai pu aller les voir 3 ou 4 fois, mais il faut que les dates concordent avec le calendrier des gars. Je vu le CDB contre Le Havre en championnat, j’ai assisté au match de coupe d’Europe, celui de coupe de France. Je suis allé voir quelques matchs quand je pouvais. Ce n’était pas inintéressant. De toute façon, quand c’est du haut niveau, il y a toujours des choses à apprendre et à comprendre.
Vous vibrez autant quand ce sont des garçons que quand ce sont des filles qui jouent ?
Non, car pour être honnête, il n’y a pas cet impact physique. Mais après, quand on est pris dans le match… Quand je vais voir Dijon, je les supporte. C’est sûr qu’on préfère les voir gagner que perdre. L’équipe nationale, c’est la même chose. Je préfère qu’elle gagne, donc c’est sûr qu’on vibre. Après, tout dépend de l’importance et du déroulement du match. S’il y a 5 ou 6 buts d’écart, on a moins tendance à vibrer. En tant qu’entraîneur, on essaie d’analyser ce que les autres font de bien ou de mal. Mais quand le résultat est serré, on s’intéresse comme tout le monde au résultat, et à partir de ce moment on vibre beaucoup.
Avec votre regard d’entraîneur, que pensez-vous des performances du CDB ?
Avec les moyens qu’ ont les filles par rapport aux autres, je trouve qu’elles ont de très bons résultats. Le gros problème du CDB, et du handball féminin en général, c’est qu’on manque de grandes joueuses tireuses de l’arrière. C’est le problème de la France en général : on manque d’ailiers. On a eu une pénurie au niveau masculin, et au niveau féminin, on manque de tireuses de loin, d’arrières vraiment performantes. C’est un petit peu masqué en championnat car on a des tireuses étrangères mais on s’aperçoit qu’en championnat de France, on a des problèmes.
Dans quelques mois, va se dérouler la coupe du monde de hand féminin. Vous attendez ce rendez-vous avec impatience ?
Je l’attends simplement pour que l’équipe de France essaie d’imiter ce que les garçons avaient réussi avec le championnat du monde en 2001. Elles s’entraînent beaucoup pour ça, ce ne sera pas facile. Elles ont une carte à jouer, je pense qu’elles ont des choses à faire pour pouvoir être championnes du monde. Je n’attends pas ce rendez-vous avec impatience, parce que j’ai d’autres chats à fouetter aussi, mais j’espère de tout cœur qu’elles pourront décrocher le titre mondial ou du moins s’en rapprocher. C’est sûr qu’avec le plateau que l’on va avoir à Dijon, je pense qu’il y aura des choses intéressantes. Même s’il n’y avait pas l’équipe de France, ce sera des matchs de très haut niveau. Ce ne sera plus les poules du premier tour, mais ce sera des qualitatives pour les finales, donc du haut niveau..
Est-ce que vous auriez des conseils à donner aux joueuses de l’équipe de France, en tant qu’habitué des matchs de très haut niveau ?
Je pense qu’elles ont une certaine expérience pour aborder ces matchs. La pression va être différente car l’équipe de France joue à domicile. Ce n’est pas simple à partir du moment où vous êtes chez vous. Tout ce que je peux leur dire, c’est d’y croire fortement, car tout le public et la France seront derrière elles pour les supporter et les pousser au max. On a vu qu’elles n’étaient pas très loin du niveau mondial. Maintenant, il faut travailler pour combler cet écart qui reste. L’avenir leur appartient.
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