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L’aéroport prêt à  décoller

29/08/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 63 | Par Jérémie Demay

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Avoir un aéroport à  Dijon semble vital pour les décideurs de la capitale bourguignonne. Ce rêve, qui semblait inaccessible, se concrétise de jour en jour.

Aeroport

L’aéroport Dijon-Bourgogne est un projet porté à bout de bras par la CCI de Dijon. L’objectif de ce dispositif : doter la ville d’une structure capable d’accueillir les touristes, mais aussi les hommes d’affaires dans les meilleures conditions. Pour ce faire, la CCI a mis en place le projet Renaissance (Ndlr voir page 10). Avec cet aéroport aux portes de Dijon, Londres, Bordeaux, Toulouse… deviennent des destinations beaucoup plus accessibles. « Tous les types d’avions peuvent se poser à Longvic. On est dans une zone européenne qui va se densifier. La Côte-d’Or est un espace attrayant. En outre, il est important que Dijon ait un aéroport pour tenter d’attirer les sièges sociaux des grandes entreprises européennes », commente Didier Martin, directeur de l’Office de tourisme régional. Pour ce dernier, il ne fait pas de doute : « Les touristes viendront en Bourgogne du fait du bas coût des compagnies qui exploitent les lignes. »
Mais avant de visiter Dijon et déguster le produit des caves Beaunoises, les avions de touristes devront se poser…
La piste utilisée par la CCI est partagée avec les militaires de la BA 102. Les relations militaires et civiles se déroulent bien, come le confirme le colonel Olivier Erschens : « La cohabitation est vraiment bonne. En plus, dans le souci du contribuable, les frais de fonctionnement sont répartis entre l’Armée et la CCI ».
Cependant, des rumeurs annoncent que les militaires souhaitent partir de Longvic. Toutefois, le colonel dément : « Nous avons obtenu le prolongement de l’activité du Mirage 2000-5 jusqu’en 2020. La BA 102 représente 2 200 personnes. » Cette rumeur n’inquiète cependant pas Patrick Laforêt, président de la CCI de Dijon : « A partir de 2015, le Rafale ne remplacera pas le Mirage. Si nous, civils, avons une activité forte et que l’on continue de partager les frais avec l’Armée, le ministère de la Défense gardera peut-être une base où les coûts de fonctionnement seront moindres. » Toutefois, si le ministère décide de fermer quand même la BA 102 , « cela serait totalement discriminant. Mais avec la montée en régime de l’activité de l’aéroport, on pourra le digérer beaucoup plus facilement », commente le président Laforêt.
L’un des gros problèmes que rencontre la CCI vient de la nature de la piste. En effet, si elle convient parfaitement aux avions de l’Armée, sa résistance n’est pas adaptée aux atterrissages répétés des avions de ligne. Elle souffre au niveau des points d’impact. C’est pourquoi, « il y aura une augmentation de la surface de la piste, ainsi que la création d’une zone qui permettra aux avions de la remonter », explique le Colonel Olivier Erschens. Mais avant de réaliser ces travaux, l’Armée a dû réaliser une étude concernant les impacts sur l’environnement. « Nous devons penser à nos enfants », confie le commandant de la base. Cette étude est pour l’instant en cours d’analyse au ministère de la Défense.
Les détracteurs du projet dénoncent le fait qu’à 45 kilomètres de Dijon, se trouve l’aéroport de Dole-Tavaux. Toutes les structures sont aux normes, ce qui éviterait de devoir « créer » un aéroport à Dijon. Toutefois, la CCI de Dijon avait pensé à s’installer sur ce site. « C’est une Arlésienne, mais pour qu’il y ait un projet commun, il faut être deux. Ce n’était pas la volonté de la CCI de Dole à l’époque. Maintenant, notre projet est parti, on ne va pas faire marche arrière.», affirme Patrick Laforêt.
L’activité se développe doucement mais sûrement à l’aéroport de Dijon. D’ici une dizaine d’années, on estime que le nombre de voyageurs passera à  300 000 par an.

Nom de code, Renaissance

Entretien avec le président de la CCI de Dijon sur l’intérêt économique de l’aéroport.

La Gazette : Quelle est l’actualité de l’aéroport Dijon Bourgogne ?
Patrick Laforêt, président de la CCI de Dijon : L’activité de l’aéroport est basée essentiellement sur l’aviation d’affaires. Il est en capacité d’accueillir des hommes d’affaires, des artistes qui viennent se produire à Dijon. Il y a également une activité de tourisme qui est dynamisée par des agences spécialisées dans le charter, notamment vers tous les pays d’Afrique du nord. Nous avons aussi une ligne tout à fait nouvelle, celle de Dijon-Figari en Corse, qui était expérimentale. Elle a tourné les trois mois de l’été. On attend les chiffres définitifs, mais il semble que le succès soit au rendez-vous. J’ai des tas d’amis qui ont profité de cette opportunité pour aller une semaine en Corse. Vraiment, cet aéroport nous change la vie. On quitte la plage à 13 heures. On prend une douche, on va déjeuner. A 16 heures, on monte dans l’avion, et à 17 h 30, on est à Dijon. A titre personnel, je prends l’avion pour aller gérer une affaire à Toulouse. Je pars de chez moi à 6 heures du matin pour prendre un avion à Lyon à 8 h 30. Au retour, je suis à minuit chez moi. Je trouve déjà celà formidable. Mais je me dis que le jour où je pourrai partir à Toulouse directement depuis Longvic, ce sera quelque chose de complètement magique.

Quelle est la situation de l’activité de l’aéroport ?
Elle progresse. Je pense que nous passerons les 25 000 passagers cette année. Alors, c’est encore très modeste, mais celà n’est pas nul non plus. C’est pourquoi l’on peut dire que l’aéroport fonctionne. Dans la ligne droite du projet Renaissance, nous nous sommes engagés dans la rénovation de l’aérogare. Au début de l’année 2008, il va être entièrement reconstruit avec des capacités d’accueil pour les entreprises basées: Air’mana, et la patrouille acrobatique Breitling, rien que celà ! (Ndlr, seule patrouille civile professionnelle au monde volant sur « jets »). Le projet Renaissance, c’est de l’investissement et du fonctionnement. L’aérogare fait partie de l’investissement. Le permis de construire est en route et les fonds publics sont mobilisés.

Précisément, qu’est-ce que le projet Renaissance ?
Il y a deux phases. La première devrait aller jusqu’en 2010 et la deuxième ira jusqu’en 2015. La phase 1, c’est une liaison point à point, intérieure, en France. C’est Dijon-Bordeaux-Toulouse. La DGAC (Ndlr, direction générale de l’aviation civile, vient de reconnaître que la ligne est OSP (obligation de service public). Cela veut dire que c’est une ligne de désenclavement qui permettra de déclencher le financement publique derrière. L’espoir est de voir les premiers avions sur cette ligne, courant 2008. J’entends parfois qu’il y a le TGV. Mais il faut regarder les choses en face. A quand un TGV Dijon-Bordeaux-Toulouse ? Jamais. Et même si c’était en projet, il faudrait 25 ans. Arrêtons de dire que le TGV pour Dijon est la solution à tous les déplacements, c’est une connerie ! Jamais nous n’ouvrirons une ligne là où le TGV existe.

D’après vous l’aéroport est complémentaire avec le TGV ?
Exactement. Nous n’aurons que des lignes de désenclavement qui ne seront pas en concurrence avec des lignes de TGV. Evidemment que nous n’irons pas en avion à Paris, à Genève, à Lyon, à Lille, parce que là il y a des TGV. On ne peut pas faire redondance de moyens publics pour gagner 40 ou 50 minutes sur un trajet.

Quelle est la deuxième phase du projet Renaissance ?
C’est le low cost. Là aussi, j’entends beaucoup de choses sur ce projet. Il y a ceux qui n’ont pas compris, et ceux qui sont de mauvaise foi. Je ne comprends pas que l’on ne puisse pas piger du premier coup l’importance d’une ligne low cost. C’est un phénomène de société nouveau. On ne peut pas le regarder avec un prisme du passé. Là aussi, on va nous dire que les touristes viennent en Bourgogne, bien sûr. On fait Londres-Orly. Il faut prendre ensuite un TGV et on fait Paris-Dijon. On met 3 h 30 et on dépense 300 euros. Alors que le low cost c’est point à point en 1 h 30 pour 40 euros. Le low cost crée le mouvement. Ceux qui n’ont pas compris celà sont à côté de la plaque. Pour moi le choix est clair, il faut le faire.



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