Les ailes des policiers
29/08/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 63 | Par Roald Billebault
Dans la mythologie grecque, Pégase était un cheval ailé. Pour les policiers dijonnais, et ceux d’une quinzaine d’autres villes de l’hexagone, il s’agit du Pilotage des Evènements, Gestion de l’Activité et Sécurisation des Equipages, un tout nouveau système pensé par le ministère de l’Intérieur, reposant sur la géolocalisation des équipes grâce à des GPS embarqués dans les véhicules de patrouille. En clair, dès qu’un évènement est signalé via le 17, le central peut savoir au mètre près quelle patrouille est la plus proche du lieu en question, et ainsi la dépêcher sur place dans les plus brefs délais. En fonction de l’incident, l’opérateur derrière son pupitre a accès à des fiches reflexes qui recensent les numéros utiles du secteur, tels les médecins, les serruriers, les pharmacies, etc. Hormis donc des interventions plus rapides et mieux organisées, les promoteurs du système mettent en avant une meilleure sécurisation des équipes en mission. En cas de guet-apens d’une patrouille par exemple, le poste de commandement saura -toujours grâce aux fameux satellites- où se trouvent les policiers pris à parti par les sauvages urbains. La cavalerie pourra intervenir avant même que les collègues, trop occupés à éviter les caillasses, n’aient pu donner précisément leur position. On l’aura compris, l’intention du système Pégase est plutôt louable, et aurait même fait ses preuves dans certaines villes où il est testé. Sauf que dans les rangs des hommes en bleu, si l’on admet l’utilité du système, on craint une dérive, comme nous l’explique Patrick Maisonneuve, secrétaire régional Bourgogne-Franche-Comté du syndicat policier Alliance : « Il est clair que ce système est une vraie amélioration pour la sécurité des policiers. La seule chose que l’on peut craindre, c’est le détournement qui pourrait être fait par la hiérarchie pour exercer un contrôle des effectifs. Pour l’instant, je n’ai eu aucune remontée à ce niveau là, mais c’est une crainte des collègues qui sont sur le terrain. De toute façon, si le système doit se généraliser, on ne nous demandera pas notre avis. Et puis vous savez, nous allons bientôt embarquer des caméras dans les voitures de patrouille, ce n’est sûrement pas un hasard ». Des policiers fliqués, avouez que ce serait le comble.. .
Revenir en haut de page































