Louis de Broissia serre la vis
20/09/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 66 | Par Alexis Billebault

La Gazette : Avez-vous hâte que la commission d’investiture de l’UMP donne enfin le nom du candidat officiel pour l’élection municipale à Dijon ?
LdB : Oui. Cela devrait intervenir fin octobre ou début novembre. Entre vous et moi, je ne vous mentirai pas en affirmant que j’aurais préféré qu’elle se décide plus tôt. Maintenant, il est exact que nous sommes confrontés à un calendrier politique chargé et qu’avant les municipales, la mise en application du programme de Nicolas Sarkozy était prioritaire.
Le candidat sera désigné dans un mois et demi. L’élection est prévue en mars 2008. Cela laisse peu de temps pour faire campagne, sachant que pendant les fêtes de fin d’année, la politique n’intéresse plus personne…
C’est exact. Cela laisse relativement peu de temps, mais j’ai confiance : celui qui sera investi n’aura pas attendu le signal de Paris pour préparer sa campagne, constituer une équipe, élaborer un programme et mettre en place une stratégie.
Justement, la situation n’est pas encore claire. Yves Japiot et François-Xavier Dugourd se sont déclarés candidats à l’investiture, mais Bernard Depierre reste évasif….
Pour moi, au contraire, les choses sont limpides. Il y a trois candidats, et je ne doute pas un instant que Bernard Depierre ne soit candidat. Il est député et son travail sur le terrain est reconnu. D’une certaine façon, je trouve que c’est une très bonne nouvelle que trois membres de ma famille politique soient candidats à l’investiture. Car être maire, ce n’est vraiment pas une fonction facile, et à plus forte raison pour une grande ville. La reconnaissance est quasi nulle, la critique permanente.
En ce qui vous concerne, êtes-vous définitivement certain de ne pas être candidat ?
Définitivement… Je serai candidat aux élections cantonales et aux sénatoriales, pas aux municipales à Dijon.
Et vous soutenez toujours François-Xavier Dugourd ?
Oui. Car c’est un candidat de valeur, un candidat du XXIe siècle. Attention, cela ne veut pas dire qu’Yves Japiot et Bernard Depierre ne le soient pas. Le premier est un conseiller municipal actif et travailleur, qui a de bonnes idées. Le second, je l’ai déjà dit est un excellent député et un bon vice-président du conseil général. . Mais j’accorde mon soutien à François-Xavier Dugourd. Je serai entendu, au même titre que les autres parlementaires côte-d’oriens par la commission nationale d’investiture. Et je donnerai mon avis.
Mais si votre protégé n’est pas désigné ? Car il a pris des risques en donnant l’impression d’être déjà en campagne ; Et s’il est recalé, attention au retour de manivelle… à droite !
Je soutiendrai sans réserve le candidat officiel. Et j’encouragerai les deux perdants à le faire. Si l’un d’eux ou même les deux s’y refusaient, il faudrait alors qu’il(s) prennent leurs distances avec la campagne. Je crois qu’il a eu raison de se déclarer très tôt et de se mettre dans la peau d’un candidat.
Mais sincèrement, vous imaginez François-Xavier Dugourd travailler avec Yves Japiot, d’une façon ou d’une autre ?
Ils ne peuvent pas se voir en peinture ! C’est à peine mieux entre Dugourd et Depierre…
Et pourquoi pas ? Vous savez, il m’arrive de convier toutes ces personnes à déjeuner, et elles ne s’envoient pas les assiettes à travers la figure… (Une pause) Mais je crois que cela fait longtemps que MM Dugourd et Japiot n’ont pas déjeuné ensemble… (rires).
Les détracteurs de François-Xavier Dugourd trouvent qu’il est trop tendre, ceux de Bernard Depierre estiment qu’avoir appartenu à l’écurie Poujade est un boulet, et ceux d’Yves Japiot disent que personne ne le connaît…
On entend ce genre de choses, c’est vrai… Chacun pense ce qu’il veut…
Face à ce climat délétère, n’êtes-vous jamais tenté de siffler la fin de la récré ?
Si, je l’avoue. Ces querelles ne sont pas bonnes pour l’UMP à Dijon. Je prône l’unité, pas la division. Parfois, c’est un peu fatigant, c’est vrai. Mais au moins, le climat n’est pas émollient. Il est même stimulant. Cela dit, il ne faut pas nous tromper d’adversaire. François Rebsamen est en place, c’est un homme de valeur, et on ne peut pas l’attaquer en disant que son bilan est mauvais, car ce n’est pas le cas. Il a réalisé de bonnes choses. Nous avons commandé un sondage sur le premier tour, et d’après les résultats, la réélection du maire sortant ne serait pas in the pocket… Il obtiendrait 54 % des voix… En sept mois, cela peut se rattraper.
Et Jean-Philippe Morel qui sort la sulfateuse à propos de François-Xavier Dugourd ?
Il souhaite être candidat à Longvic, n’est-ce pas ? Alors, qu’il s’occupe de Longvic, où il aura besoin de tous les appuis de sa famille politique, car je le rappelle, le Parti Radical est affilié à l’UMP. J’ai eu l’occasion de lui en parler à l’occasion du bureau politique de l’UMP 21 lundi soir…
Selon vous, a-t-on trop tendance à négliger les cantonales, qui auront lieu en même temps que les municipales ?
Oui, et je le regrette. Les cantonales seront des élections très importantes. Je suis déjà en campagne. Sur le thème de : « Voulez-vous que tout soit fait pour Dijon ou que tout soit fait pour la Côte d’Or, y compris Dijon ? Et il ne faut pas se focaliser sur Dijon pour les municipales. La Côte d’Or, c’est 707 communes .
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