Bayrou vs Sarko
27/09/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 67 | Par Alexis Billebault
La Gazette : François Bayrou a découpé Sarko. Est-ce la conséquence d’un conflit personnel, comme on l’entend parfois ?
François Deseille : Non. Il s’agit d’un désaccord politique. François Bayrou considère que Nicolas Sarkozy américanise le système. Ils ont tous les deux une vision différente de la société…
Mais encore ?
Sarko agit beaucoup, et c’est quelque part intéressant. Mais il veut tout faire et on va vers une dérive monarchique de l’exercice du pouvoir. Et nous considérons que son paquet fiscal profite avant tout aux riches, alors que la franchise médicale va concerner tout le monde. Enfin, la croissance et le pouvoir d‘achat n’augmentent pas, et on se met l’Europe à dos avec notre déficit qui explose.
Cela va être facile pour le MoDem d’envisager des alliances avec l’UMP pour les prochaines municipales…
Mais cela ne posera pas de problème. Sarkozy pratique l’ouverture en débauchant les gens sur son programme. Nous n’avons pas la même conception de l’ouverture. Pour nous, cela signifie travailler sur un projet commun.
Et à Dijon ? Bayrou a mis l’accent sur la nécessité de constituer les listes autonomes…
Nous y travaillons. Mais nous envisageons aussi des alliances au second tour. Comme au premier d’ailleurs…
Attendez-vous fébrilement la désignation du candidat de l’UMP ?
Non. Mais nous allons suivre cela avec intérêt, bien sûr. Et nous ferons connaître nos intentions fin octobre-début novembre.
Les contacts existent avec François Rebsamen. Ca avance ?
Je peux simplement vous dire que nous ne pouvons envisager de travailler qu’avec des gens qui ont une vision européenne et démocratique des choses.
Cela exclut les extrêmes. Cela signifie donc que François Rebsamen devra rayer les communistes de sa liste pour vous être agréable ?
Interprétez-le comme vous voulez. Et cela est valable de l’autre côté. Je n’ai rien à voir avec les extrêmes.
Au fait, comment va François Sauvadet ?
Il n’y a plus de contact avec le Nouveau Centre. Il y a 21 députés, mais très peu d’adhérents.
Le contraire du MoDem, en gros…
Sauf que François Bayrou a l’envergure d’un homme d’Etat. Et ceux qui ont rallié Sarko sont restés tant que Bayrou avait ses chances. Je ne comprends pas pourquoi ils ne prennent pas leur carte à l‘UMP !
Le président du Nouveau Centre est quand même ministre de la Défense et s’appelle Hervé Morin…
Qui ?
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