La grève en bonne voie
31/10/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 72 | Par Dolorès Charles
Les dés sont quasiment jetés, attendez-vous à une forte mobilisation de la part des cheminots de la SNCF dans les semaines à venir. La décision d’un éventuel appel à la grève reconductible doit se décider aujourd’hui par les huit fédérations syndicales nationales. A Dijon, Sud-Rail ne se fait guère d’illusions .Selon Pascale André, membre du syndicat, « nous avons gâché le 18 octobre (ndlr : date du dernier conflit). Compte-tenu de la mobilisation dans la région, 79% de grévistes, un score jamais atteint même en 1995, nous aurions dû continuer pour ouvrir au plus vite des négociations avec le gouvernement. Aujourd’hui, les négociations sont au point mort et la situation est bloquée. » Le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, Xavier Bertrand,
estime non-négociables les 40 annuités de cotisations. Pour Sud-Rail, il est « hors de question de négocier ce point […] Je suis déjà usée à 45 ans, c’est impensable d’aller jusqu’à 60 !, déclare indignée Pascale André. » Depuis 1972 à la SNCF, le nombre d’années de cotisation est fixé à 37,5.
« C’est reparti comme en 95, voire pire ! »
Aujourd’hui, Sud-Rail appelle à un mouvement national reconductible pour la mi-novembre. « Nous ne voulons ni une négociation par branche de métier, ni la prise en compte de la pénibilité. Il n’y a pas de métier plus dur qu’un autre. Je veux dire par là, qu’ici, les trois-quarts des gens ont des soucis psychologiques ou physiques dûs à la pression de la direction et aux conditions de travail difficiles. Nous bossons parfois en trois huit, parfois les jours fériés, les dimanches, et puis nos cotisations retraite représentent 13% de plus que dans le privé : ça justifie un départ à la retraite avancé. »
La grève, malgré son impopularité auprès des usagers, est donc en bonne voie pour Sud-Rail. « Lorsque nous expliquons aux usagers pourquoi nous faisons grève, ils ne sont pas si réfractaires que ça. Et puis, nous n’appelons pas à la grève par plaisir, pour nous c’est un manque à gagner. »
Les sept fédérations de fonctionnaires ont, elles, déjà opté pour une journée de grève dans la fonction publique le 20 novembre pour défendre leurs salaires, l’emploi et le service public.
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