Politique

Jaboulet-Vercherre dubitatif

29/11/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 76 | Par Alexis Billebault

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Pierre Jaboulet-Vercherre, le patron du FN en Bourgogne, s'inquiète pour l‘avenir de son parti.

2007, Annus horribilis. Cette année, rien n’a vraiment fonctionné comme prévu pour le Front et les vœux de Jean-Marie Le Pen, qui se voyait bien accéder une nouvelle fois au second tour de la présidentielle, n’ont pas été exaucés. Le parti d’extrême-droite, qui s’est vautré dans les grandes largeurs aussi bien pour la présidentielle donc (un peu plus de 10 %) que pour les législatives (4,78 % et pas de remboursement des frais de campagne) traverse également une période financièrement difficile. Et la réélection de Jean-Marie à la présidence du FN il y a dix jours lors du congrès de Bordeaux avec un score digne de Kim Il Sung (97,67 %) n’a pas vraiment dissipé le malaise. Pierre Jaboulet-Vercherre n’était pas de la petite sauterie bordelaise. « A cause de la grève », s’est justifié le secrétaire départemental du FN. « J’aurais voté pour Le Pen, en partie par gentillesse. Mais je crois que le Front National doit modifier son image. Jean-Marie Le Pen aurait dû préparer sa succession après les législatives le temps d’organiser une campagne interne afin de désigner le nouveau président à Bordeaux. Là, avec la réélection de Le Pen, on part pour une campagne de trois ans, avec tout ce que cela sous-entend. L’ambiance va être tendue au sein du FN et le parti pourrait avoir du mal à s’en remettre. » Plus que l’âge du Chef – 80 ans aux prunes dans quelques mois-, c’est la stratégie développée en amont de la présidentielle qui tarabuste le plus Pierre Jaboulet-Vercherre. L’entreprise de lissage de l’image du FN n’a pas franchement convaincu les tenants d’une ligne dure. « Moi, je ne veux pas parler de retour à la ligne dure, mais de retour à la ligne traditionnelle du FN », précise PJV. Lequel affirme connaître au moins dix cadres du parti capables d’exercer la fonction suprême. Et qui ne seraient pas forcément ni Marine Le Pen, ni Bruno Gollnisch, ni Carl Lang. « Aujourd’hui, Jean-Marie Le Pen est toujours président. Mais est-ce bien lui qui dirige ? Ce qui semble évident, c’est que le vent tourne en faveur de sa fille ! »

Pas de liste à Dijon ?

Inévitablement, Pierre Jaboulet-Vercherre aborde le thème de l’immigration, le fond de commerce frontiste. Come la plupart des encartés au Front, l’ancien conseiller municipal de Beaune réclame un durcissement de la législation en vigueur. « Non seulement je prône une immigration zéro, mais je suis favorable à une inversion des flux. Les clandestins n’ont rien à faire en France. On vient de découvrir que le niveau de vie des Français avait baissé. Cela ne m’étonne pas : on est de plus en plus nombreux à se partager un gâteau – le PIB – qui lui n’augmente pas. » Et la politique d’immigration du duo Sarkozy-Hortefeux ne trouve pas grâce à ses yeux. « Il ne se passe rien. Les tests ADN ? Du pipeau ! Comme tout ce que fait Sarko. Je ne lui en veux pas d’avoir menti. J’aurais plutôt tendance à en vouloir aux Français qui l’ont cru… »
Localement, Pierre Jaboulet-Vercherre, qu’on a connu plus enjoué, n’est pas certain que le FN présente une liste pour les municipales à Dijon. Il n’a pas encore reçu les consignes du Paquebot. Une campagne coûte cher et les caisses sont vides. Ce qui est certain, c’est que Pierre Jaboulet-Vercherre ne sera pas candidat à Dijon, au cas où… « J’avais évoqué cette éventualité en début d’année dernière. Mais s’il y a une liste, je n’en ferai pas partie » .



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