« Aujourd’hui, la liberté est un luxe »
13/12/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 78 | Par Jérémie Demay

La Gazette : Pourquoi un festival sur les droits humains ?
Sarah Horchani, coordinatrice du festival international du film des droits humains : « L’idée m’est venue avec la rencontre de Vincent Mercier qui est le directeur du festival du film des Droits de l’homme de Paris qui m’a proposé il y a deux ans d’organiser le même genre de festival sur Dijon. Etant donné que l’association Liberté et culture a pour objet d’organiser des événements culturels sur la thématique de la défense des droits humains, ce festival avait sa place.
D’accord, mais pourquoi des films ?
Le film est un vecteur de liberté puisque le réalisateur peut travailler comme il le souhaite pour présenter au spectateur qui est libre, lui aussi, un moyen de se faire sa propre opinion. Notre mot d’ordre c’est la liberté pour tout le monde.
Quels sont les pays qui ont le plus retenu votre attention pour la programmation de ce festival ?
La Biélorussie m’a beaucoup intéressée. C’est un pays dont on parle peu. Pourtant, cela se déroule en Europe, c’est même la dernière dictature de ce continent. En terme de droits humains, ce pays est une réelle catastrophe. On ne peut même pas imaginer ce qui se passe là-bas. Face à cela, il y a des personnes vivant en Biélorussie qui souhaitent comme nous la démocratie. Ce qui m’intéresse, c’est de parler de situations dont on ne parle jamais. C’est le devoir des défenseurs des droits humains que de faire sortir l’inexcusable de l’oubli. On ne cherche pas la notoriété, mais on souhaite dénoncer des situations injustes comme en Biélorussie. En projetant Leçon de Biélorusse, on souhaite leur donner une sorte de souffle de vie. Ainsi, on les aide à gagner leur combat pour la liberté.
Pourquoi organiser ce festival à Dijon où on est relativement tranquille question droits humains ?
Justement, c’est bien parce que nous sommes tranquilles et que nous avons la liberté. Nous avons la responsabilité d’agir. Je ne risque pas la prison en organisant ce festival. Cependant ce n’est pas le cas dans les pays que nous évoquons dans le festival. Aujourd’hui, la liberté est un luxe et je trouve cela déplorable. Il suffit de regarder une carte de Reporters sans frontières pour s’en rendre compte.
Vous êtes libre de regarder
Jeudi 13 décembre : Goal Dreams, de Maya Sanbar, est un documentaire sur l’équipe palestinienne de football. La projection sera suivie d’une découverte de la culture palestinienne. Salle François Chambelland.
Vendredi 14 décembre : Trouble peine, de Sophie-Charlotte Gautier, est un documentaire sur la situation carcérale de la France. Après le film, rencontre avec la réalisatrice, ainsi qu’un débat sur l’état des prisons françaises avec Collectif prison et la ligue des Droits de l’homme. Chenôve.
Mardi 18 décembre : clôture du festival avec Leçon de Biélorusse, suivi d’une rencontre avec Virginie Symaniec, présidente de Perspectives biélorussiennes et membre de la fédération internationale des Droits de l’homme. Conseil régional.
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