Motard de Dijon
13/12/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 78 | Par Jérémie Demay

La Gazette : Cette année, en 600 super stock, vous avez effectué un début de saison poussif, mais au final vous remportez le titre européen. Que s’est-il passé ?
Maxime Berger : Le problème est qu’en début de saison on a signé notre contrat en décembre, ce qui est un peu tardif. On a commencé les essais trois semaines avant le début des courses. Je n’ai donc roulé que deux jours avec la moto. Je ne voulais pas prendre de risques et marquer des points. En plus, je revenais d’une saison difficile avec des chutes et des problèmes mécaniques, c’est pourquoi je roulais au début prudemment.
Vous finissiez souvent sur le podium, mais jamais sur la première place. Toutefois, en Espagne vous êtes monté sur la première marche. Vous pouvez nous raconter cette course ?
C’est que cette victoire fait du bien. Il y avait de la pluie. J’avais l’expérience des championnats du monde en super sport où là, c’est un ton haut dessus. C’est pourquoi j’ai su gérer la pluie. J’ai remporté cette course avec 12 secondes d’avance sur le deuxième. C’était parfait.
Après cette victoire, comment s’est déroulé le reste de la saison ?
La moto était à peu près au point. De mon côté, j’ai pris du plaisir à la piloter. Il faut dire que nous avons beaucoup travaillé sur châssis. Tout s’est passé naturellement. Je n’ai pas voulu forcer les choses, mais après, nous avons enchaîné les victoires. Il a fallu gérer en s’abstenant par moments. Une fois, j’ai fait une sortie de piste, je suis revenu. J’étais sixième et je suis revenu pour faire le podium.
Quand on vous entend parler, on a l’impression que vous êtes un briscard de la piste, alors que vous n’avez que 18 ans…
Oui, mais en fait j’ai commencé cette catégorie quand j’avais 15 ans. Je la connais donc déjà. J’ai terminé troisième alors que les autres avaient 18 ans. Cette catégorie est faite pour que les jeunes découvrent la compétition de haut niveau. Les jeunes montrent ce qu’ils savent faire pour rentrer ensuite dans une écurie.
Comment faites-vous pour gérer à la fois votre carrière sur la moto et votre vie professionnelle ?
C’est compliqué, mais on peut avoir une vie à côté de la moto. Avec mon patron, cela se passe très bien. En plus, il faut avoir une règle de vie posée. De toute façon, travailler à côté de la moto permet d’être dans la vraie vie. Et puis, la moto après cela demande un peu de temps. Cette année je suis parti en tout deux mois et demi. Mais après c’ est un rêve.
Après ce titre, vous avez eu des propositions d’autres équipes ?
Là je quitte Yamaha pour Honda qui est l’une des meilleures équipes. Mais bon toutes les motos sont bonnes. Il n’y a plus qu’à les faire travailler comme le pilote d’ailleurs !
Justement vous intervenez beaucoup dans la partie réglage de votre moto ?
En fait nous, en super stock, nous n’avons pas d’ordinateur, à part pour gérer un peu l’injection. Autrement, question fourche et amortisseurs, je fais mes réglages avec un ingénieur. Cependant, c’est le pilote qui ressent. En milieu de saison, les ingénieurs partaient sur une solution que je n’aimais pas. On a donc changé les réglages pour aller là où je voulais les emmener. C’était beaucoup mieux et les ingénieurs, après coup, ont compris. Ils ont pourtant testé mes réglages avec d’autres pilotes, cela n’allait pas du tout. J’ai donc réussi à faire mes propres réglages. On a eu le titre, cela a payé. C’était peut-être les meilleurs réglages…
C’est important le dialogue dans l’équipe pour faire progresser la moto ?
Oui, énormément. Il faut travailler avec ses mécanos. Il faut également beaucoup les respecter. Personnellement, je les ai remerciés à chaque course. C’est un ensemble. Si j’étais tout seul, je roulerais, mais il n’y aurait pas la performance au bout.
Pour la prochaine saison vous changez de moto, mais l’équipe sera-t-elle la même ?
Non, j’intègre l’équipe Ten Kate qui a été six fois championne du monde en 600 super sport, et cette année championne du monde en 1000 superbike. Cette année, je vais tourner en 1000 stock. Ten Kate a ses mécanos et une nouvelle structure avec la junior team composée de jeunes mécanos.
Votre championnat à effectué une étape à Magny-Cours. Ce circuit est-il réellement fait pour la moto ?
Un circuit reste un circuit. Cette année, on est allé au Quatar par exemple. Je ne connaissais pas du tout ce tracé, mais après un freinage à un virage, cela reste toujours la même chose, sauf qu’il faut s’adapter. Après tout, on est des pilotes. Pour revenir à Magny-Cours, avant je ne l’aimais pas trop, maintenant je l’apprécie plus. En fait, je préfère les circuits anglais où là il faut en avoir. On a des grosses décentes, des virages aveugles. On ne sait pas où il faut déclencher le virage. C’est cela qui est bon et qui donne du piquant.
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