« J’ai demandé à Sarkozy de refixer un cap »
31/01/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 83 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : François Sauvadet… plusieurs casquettes… on commence par le département… Souhaitez-vous prendre la place de Louis de Broissia à la tête du département dans 2 mois ? Est-ce que l’heure de la relève a sonné ?
François Sauvadet : D’abord, c’est l’heure de la campagne qui a sonné. Je vais être très engagé sur le terrain. L’heure n’est pas au partage des responsabilités. Il faut d’abord assumer ses choix. Quand François Rebsamen dit « je suis pour la suppression du département », il faut qu’il s’en explique et que tous ceux qui se réclament de son courant de pensée s’en expliquent. Ensuite seulement viendra le temps de choisir les équipes qui conduiront le destin du département.
On s’arrête une minute, François Sauvadet, sur le Conseil Régional. Votre nom revient souvent comme un des rares à pouvoir battre François Patriat. C’est une possibilité ?
J’ai mené un combat pour les Régionales dont je suis très fier. Sur le fond de ce que nous avions proposé, l’engagement pour faire de cette région une région solidaire qui s’ouvre sur Paris, et pas repliée sur elle-même. On a fait un très bon score. C’est un combat auquel je ne renoncerai pas. J’entends bien y prendre toute ma place !
J’aimerais savoir ce que vous pensez de la situation à Dijon. Soutenez-vous, sans retenue, François-Xavier Dugourd, investi par l’UMP et poulain de Louis de Broissia ?
Je soutiens François-Xavier Dugourd qui a été choisi pour mener ce combat. J’aurais préféré que Bernard Depierre le conduise parce-que je pense qu’il avait une solidité et il avait déjà battu François Rebsamen aux Législatives en 2002. Mais l’UMP a choisi François-Xavier Dugourd. Je suis donc à ses côtés et souhaite qu’il gagne.
Quel pourcentage de chance de battre François Rebsamen en mars vous attribuez à la droite dijonnaise ?
Tant que les électeurs n’ont pas voté, toutes les chances sont offertes ! Simplement, il faut qu’il y ait un vrai rassemblement de compétences, et un vrai projet qui ne soit pas un projet copié-collé comme c’est le cas de François Rebsamen. On me dit que la ville a changé. Elle s’est dotée d’équipements qui avaient été décidés par l’ancienne municipalité pour bon nombre d’entre eux. Ce qu’il a fait, François Rebsamen, c’est du copié-collé par rapport à Paris. Le Vélib’ à Paris, deux mois après ici ! Vous aviez Paris-plage, vous avez eu Dijon-Plage. Donc ce n’est pas comme ça qu’on va donner sa vraie place de capitale régionale à Dijon.
Votre réaction à l’alliance Rebsamen-Modem, c'est-à-dire vos anciens compagnons de l’UDF ?
Je ne suis pas très surpris. C’est la raison pour laquelle je ne suis pas resté aux côtés de François Bayrou. Il a fait le choix d’être dans l’opposition. Moi dans la majorité. Maintenant, le Modem est tout à fait dans sa filiation de se retrouver aux côtés de la gauche. Mais tout ça manque de lisibilité.
C’est un coup dur pour vous de voir François Deseille, l’un de vos fils en politique, partir avec le numéro 2 du PS, non ?
Non. Je constate simplement. Je pense qu’il commet une erreur politique pour lui-même parce-que ça ne correspond pas au fond à ce qu’il pense, à ce qu’il croit. Ses références politiques et économiques ne sont pas de gauche !
On voit apparaître une fissure de plus en plus grande entre les parlementaires de droite et Nicolas Sarkozy. Vous peinez, vous, sur le terrain, au contact des citoyens, des électeurs, à assumer les projets de loi, les annonces et même le style Sarkozy ?
Moi je vois très souvent le président de la République. Je lui ai demandé de refixer un cap et qu’on n’ouvre pas tous les chantiers en même temps. La réforme est importante mais il faut que les Français sentent que c’est une chance qui leur ai donnée à eux !
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