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« Les OGM ne sont pas un poison »

31/01/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 83 | Par Jérémie Demay

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Thierry de Puymaurin est agriculteur céréalier. Depuis deux ans il cultive des OGM dans ses champs.

« Les OGM ne sont pas un poison »

La Gazette : Faut-il avoir peur des OGM ?
Thierry de Puymaurin : Non, c’est la fin des pesticides sur les maïs. C’est donc un grand progrès pour les utilisateurs et derrière pour les consommateurs. La deuxième raison c’est le seul moyen qu’il existe aujourd’hui pour être efficace contre les micros toxines dans le stockage. Avec les OGM, les grains restent intacts. Le troisième avantage, c’est un gain de productivité. Nos plantes ne sont plus attaquées sans mettre de pesticide. On récupère les 10 à 15% de production qu’auparavant on perdait. Pour moi, ce sont des avantages considérables aujourd’hui.
Depuis combien de temps cultivez-vous des OGM ?
C’est la deuxième année. Je suis allé sur des parcelles très touchée par des parasites. J’ai à peu une trentaine d’hectares en OGM.
Le corps scientifique commence à s’inquiéter vis-à-vis des OGM puisque d’après leurs études et expériences, après trois années, la nature contourne les OGM, la productivité est en baisse, et sur la santé il y aurait également des soucis. Que répondez-vous aux scientifiques ?
J’étais l’autre jour au Sénat à un colloque avec des membres de la commission qui s’occupe des affaires moléculaires. Ils ont près de 15 ans de recul sur les OGM. Aujourd’hui leurs conclusions sont totalement inverses vis-à-vis des OGM. Alors bien sûr, il y a des scientifiques en mal d’existence qui vont chercher un peu plus avec une idée préconçue sur le sujet. Mais les scientifiques de cette commission sont indépendants et partent dans la recherche avec une idée objective. Sur les effets secondaires pour les animaux c’est faux, puisque l’on sait aujourd’hui qu’avec les OGM, cela ne fait qu’une protéine supplémentaire qui en plus est sans danger. Cela fait plus de 15 ans que l’on importe du soja OGM, et les Français en mangent depuis cette période et il n’y aucun problème. Ensuite, sur l’acclimatation des parasites aux OGM, il y a des études menées au USA depuis 10 ans, et il n’y aucun soucis.  Il faut juste bien faire respecter les zones sans OGM. Le problème est que si l’on présente les OGM en partant du principe que c’est un poison et que c’est dangereux on peut étayer tous les raisonnements que l’on veut. C’est justement ce qu’il faut inverser. Les OGM ne sont pas un poison.
Vous comprenez la demande d’un moratoire par le gouvernement ?
Non, je le conteste de bout en bout. D’abord, ce n’est pas une raison scientifique mais politique qui a été entérinée au Grenelle de l’environnement…
Pourtant, les membres de la Haute autorité se sont appuyés sur des preuves scientifiques…
Justement, il y a eu la commission qui a travaillé sur ce thème pendant 15 ans et qui a sorti des rapports fabuleux. On leur a demandé de mettre tout ça aux cartons et cette commission a été dissoute. On crée dans la foulée la Haute autorité qui en 15 jours rend des conclusions qui aurait dû remplacer 15 années de travaux. C’était verrouillé à l’avance.
D’après-vous, la France va s’en mordre les doigts d’interdire les OGM ?
Oui. En plus, on va prendre la présidence de l’Union européenne en n’appliquant pas une des directives européenne. On risque donc des sanctions. A l’OMC on risque également d’être attaqué par des pays d’Amériques du Sud et les USA. Aujourd’hui 80 à 90 % de brevets en bio technologie sont déposés hors Europe. C’est sûr que les pays lancés dans la bio technologie ne vont pas attendre la France. De plus, si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, il faut interdire les importations. Mais si on le fait que va-t-il advenir de la filière élevage en France ? 85% des importations de soja pour les élevages français viennent d’Argentine où là-bas tout est OGM.



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