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« Pas des anti-progrès »

31/01/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 83 | Par Jérémie Demay

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Jean-Marie Petey est un anti-OGM qui n'a pas peur de l'action. Faucheur volontaire, il a participé en ce début du mois de janvier à  la grève de la faim pour demander un moratoire à  la France sur les OGM.

Pour Jean-Marie Petey, les OGM sont un danger pour l'environnement,  la santé et l'économie.

La Gazette : Faut-il avoir peur des OGM ?
Jean-Marie Petey, faucheur volontaire : La réponse n’est pas si évidente que cela. On nous propose des OGM qui seraient bénéfiques pour la terre, pour lutter contre la faim dans le monde et qui permettraient de réduire l’utilisation des pesticides. Ce sont des arguments qui effectivement au premier abord peuvent sembler intéressants. Toutefois, quand on creuse un peu en s’informant différemment, on s’aperçoit que c’est plus compliqué que cela.
Le danger existe pour l’environnement, pour notre santé, et pour l’économie. Notre société sera complètement asservie par le pouvoir de monopole des firmes agro-semencières qui vont ainsi détenir une véritable arme de guerre.
Pour la nature, quels problèmes posent les OGM ?
Il s’agit avant tout de problèmes de dissémination qui peuvent être très divers selon la variété plantée en plein champ. Pour les variétés autogames – qui s’autofécondent – , le risque est plus restreint. Mais il existe pour les maïs (ndlr, plante autogame) à cause de la diffusion du pollen par le vent et les abeilles. On ne peut donc pas limiter cette diffusion à 25 mètres comme on veut nous le faire croire actuellement. C’est ce qui est dans le projet de loi où ils souhaitent imposer des distances ridicules, alors que la Haute autorité a reconnu que cette dissémination pouvait atteindre plusieurs kilomètres. La culture d’OGM, si elle se généralise, pourrait conduire à la contamination des cultures voisines. Pas forcément les cultures bio, mais toutes les cultures agraires existantes. C’est pourquoi le bio est condamné.
Tout d’abord la biodiversité est mise en péril. On va avoir des plantes qui vont progressivement supprimer les autres variétés. La biodiversité déjà sérieusement touchée, va être menacée encore plus directement. On va agir sur les gènes, et donc sur le caractère héréditaire des plantes. Le danger est très grand. En ce qui concerne notre santé, des études ont déjà été réalisées par les laboratoires eux-mêmes sur des rats pendant trois mois. Les résultats de ces études, qui ont d’abord été cachés, montraient qu’il y avait une forte perturbation des reins, du foie, et du sang. Il a été demandé qu’on fasse une étude sur une plus longue période, mais les laboratoires ont refusé.
Les OGM sont conçus pour lutter contre certains parasites. Ce qui limite d’autant la consommation de pesticides, et donc la pollution…
C’est un argument que l’on nous avance très facilement, mais il n’a pas une grande valeur. La plante produit elle-même cet insecticide. Il est dans la plante en permanence. Les doses en fin de végétation seront encore plus fortes que si le traitement avait été fait. De plus, cet  insecticide étant dans la plante, il sera ingéré par les animaux. Enfin, il va rester également dans le sol. Effectivement, moins de produits de traitement vont être utilisés, mais au final le sol est encore plus pollué qu’avec un traitement classique.
Depuis que cette promesse de moratoire a été émise, les chercheurs s’inquiètent. Quels sont vos sentiments vis-à-vis de la science ?
Nous ne sommes pas des anti-progrès. Nous l’avons déjà dit. La recherche doit se faire mais en atmosphère fermée en laboratoire. Ainsi, il n’y aura pas de problème de dissémination et de contamination. Cette recherche pourra déboucher sur des découvertes qui permettront le traitement de certaines maladies. On en arrive aux plantes thérapeutiques génétiquement modifiées. Ces cultures de plantes en plein champ étaient un moyen de nous faire passer pour des antis-progrès et des terroristes puisque l’on se battait contre une plante qui allait permettre de traiter par exemple la muscoviscidose comme ce fut le cas dans le Cantal avec du maïs. C’est très bien. Sauf que ce maïs pouvait être développé en laboratoire .



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