Actualité

Narguilé grille la loi

31/01/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 83 | Par Jérémie Demay

Réagir Télécharger le numéro

Quand on va dans un bar à  narguilé, c'est pour fumer. Mais depuis le 1er janvier, c'est interdit. Les patrons de ces établissements très détente ont dà» s'adapter pour ne pas fermer.

Narguilé grille la loi

La Gazette : Comment cela se déroule-t-il dans les bars à narguilé depuis qu’il est interdit de fumer ?
Willy, patron du Shanti, rue Berbisey : « Ca se passe très mal. C’est même catastrophique. Pour nous, c’est notre gagne-pain puisque les gens viennent pour fumer le narguilé. Après, ils vont prendre une boisson, comme un thé. Mais sans narguilé, c’est comme si au cinéma il n’y avait plus de films et qu’il ne reste plus que le pop-corn et les glaces. C’est pourquoi c’est embêtant pour nous. En plus, notre clientèle ne boit pas d’alcool, sachant que nous sommes le seul établissement de nuit à Dijon où on ne sert pas d’alcool. Il y a beaucoup de personnes qui cherchent cette ambiance avec de la musique calme et sans cigarettes. Maintenant, c’est la désillusion et la tristesse pour beaucoup de clients. Heureusement, il existe des parades.
Justement, quelles sont ces parades ?
Nous sommes passés en mode associatif. C’est-à-dire que pendant certaines heures, les personnes peuvent fumer en toute légalité le narguilé parce qu’ils sont membres de notre association, donc ce n’est plus un lieu public puisqu’il est réservé à nos membres, et cela devient donc privé.
Depuis le 1er janvier, vous avez constaté une baisse de fréquentation ?
Financièrement, c’est dur puisqu’il y a une baisse d’environ 50% du chiffre d’affaires. Beaucoup de gens pensent que nous sommes fermés à cause de cette loi. Mais ils ne pensent pas à la possibilité que l’on puisse encore fumer le narguilé en toute légalité    par ce statut d’association. La ministre de la Santé (ndlr, Roselyne Bachelot) a promis des aides pour ceux qui souhaitaient se recycler. Au début, puisque nous ne voyions pas de solution, nous avons pensé à cette piste. Mais en fait les aides n’existent pas. Après, l’avocat de l’UPN (ndlr, Union des Professionnels du Narguilé) a trouvé une parade pour continuer d’exister. De toute façon nous n’avons pas le choix. Nous avons des emprunts, des charges à payer, il est donc impossible pour nous d’arrêter de travailler. Aujourd’hui, si tous les bars à narguilé ferment, c’est près de 5 000 personnes au chômage, avec en plus des dettes à payer.



Revenir en haut de page

Les commentaires pour cet article sont fermés.

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
15 000 curieux
En savoir plus [+]
Télécharger le numéro 281 de La Gazette de Côte d'Or au format PDF Archives
Revenir en haut de page