Randoald Dessarzin : « Je vis au jour le jour »
31/01/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 83 | Par Alexis Billebault
La Gazette : Randoald, en battant l’ASVEL, votre équipe a prouvé qu’elle valait mieux que l’avant-dernière place du classement…
Randolad Dessarzin : Ce qui est certain, c’est que cette victoire nous donne un peu d’air et pas mal d’espoirs. On va s’appuyer sur ce que nous avons montré face à l’équipe qui était avant de venir à Dijon co-leader du championnat. La semaine du match, j’avais demandé un gros travail physique aux joueurs. Ils ont répondu à mes attentes en étant solides partout et solidaires. On a vu un extraordinaire Laurent Sciarra, un très bon Maleye N’Doye et un Terrell Everett qui beaucoup apporté. Maintenant, on va aller à Vichy avec un certain capital confiance, sans fanfaronner parce que Vichy, c’est très costaud !
La JDA compte quatre victoires. A votre avis, combien en faudra-t-il pour qu’elle sauve sa tête en Pro A ?
Je pense que neuf ou dix suffiront. Mais on va essayer d’en remporter le plus possible. On ne vise pas les play-offs, mais seulement le maintien. La lutte avec d’autres équipes – Clermont, Gravelines, Châlon, Pau-Orthez ou Paris – durera jusqu’au bout. Il fallait une réaction après les trois défaites enregistrées depuis le début de l’année. La semaine précédente, au Havre, je n’avais pas du tout aimé la démission de l’équipe dans les dernières minutes.
La défense, le point faible de la JDA, a tenu bon. Mais ce qui demeure flagrant, c’est le déficit dans le domaine intérieur…
Par rapport à la plupart des équipes et surtout de nos concurrents directs pour le maintien, nous tournons avec deux intérieurs, alors que les autres en ont trois ou quatre.
Donc, vous exprimez clairement votre intention de recruter un intérieur…
On peut recruter un joueur, à condition qu’il soit chômeur depuis au moins quarante-cinq jours… Et ils ne courent pas les rues à cette époque de l’année.
Pourtant, il paraît que Vato et Thomas Andrieux vous auraient été proposés…
Vato n’a quasiment rien fait depuis son départ de Dijon au mois de mai, à part quelques matches avec la Géorgie. Pour Andrieux, je pense que c’est la même chose. Or, si nous recrutons, il ne faut pas se planter, et avoir le maximum de certitudes sur l’état de forme du joueur. On ne va pas recruter pour recruter…
Et les jeunes, tels Kolb et Koma ? Ils sont encore trop tendres ?
Ils ont déjà eu des opportunités… Moi, s’ils me montrent la semaine à l’entraînement qu’ils donnent du fil à retordre à Simon ou Krupalija, ils joueront… Je me fous de savoir qui gagne quoi ! Je ne fais pas mon équipe en fonction de la grille salariale du club. Mais pour l’instant, ils n’ont pas montré assez de choses pour prétendre à plus de temps de jeu.
Dans L’Equipe de lundi, il a été écrit que cette victoire face à l’ASVEL vous avait permis de sauver votre tête. Aviez-vous eu l’impression avant ce match que la porte était toute proche ?
Oui et non. Non dans la mesure où Michel Renault avait déclaré le jeudi dans Baskets News que je faisais du bon travail et qu’il était hors de question de virer un coach en pleine saison. Et je suis de nature à faire confiance. Mais oui, si je me réfère à certaines rumeurs entendues la semaine du match. D’ailleurs, le dimanche suivant la victoire de l’ASVEL, j’ai eu un appel de Yann Boisson (ndlr : lequel n’est –officiellement- plus manager général mais simple conseiller) qui m’a dit textuellement : « Tu sais que ta tête était sur le billot ? » Moi, ici, je vis au jour le jour…
On peut donc supposer que votre pseudo assistant, Jean-François Evert, était prêt à prendre votre place ? Il paraît qu’on l’aurait beaucoup vu au siège du club avant samedi dernier…
Dans un cas comme dans l’autre, ce ne sont là aussi que des rumeurs. Mais j’imagine bien qu’il était prêt à prendre ma place, oui. On m’a rapporté l’altercation avec Bernard Depierre (lire par ailleurs). Après une défaite contre Strasbourg, on m’a dit aussi qu’il avait eu un geste de joie. Son attitude, je vais la résumer : je ne le vois pas de la semaine. Quand nous partons en déplacement, il s’installe dans le bus et ne parle pas. A domicile, il prend place derrière le banc. Vous l’observerez à l‘occasion. Il plombe l’ambiance. Heureusement que le groupe est sain et le staff technique et médical est soudé…
Vous ne le voyez pas de la semaine ? Donc, il est payé à ne rien faire ?
Il faut poser la question aux dirigeants…
Et vous ? Quelle est votre part de responsabilité dans cette situation sportive ?
Sans doute de ne pas avoir su insuffler suffisamment à cette équipe un esprit de révolte. Même s’il y a eu beaucoup de changements dans cette équipe. Mais je ne désespère pas d’y arriver !
Laurent Sciarra, qui semble en avoir plus que marre de la situation, a déclaré dans Le Progrès qu’il savait qui en était responsable, mais sans citer de noms, et que la JDA était une caste. Vous pensez savoir à qui il faisait allusion ?
(Il se marre) Il faut poser la question à Laurent.
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