« La droite ne connaà®t pas les dossiers »
27/02/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 87 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : Bonsoir François Rebsamen. Nous sommes ensemble pour 25 minutes d’entretien… qui auraient pu être 25 minutes de débat avec votre concurrent UMP pour les municipales à Dijon mais vous avez refusé ce débat avec François-Xavier Dugourd. Pourquoi ?
François Rebsamen : Pour une raison simple : moi je souhaite que nous avancions projet contre projet et mon concurrent n’est pas à la hauteur d’un débat démocratique. Il est souvent dans la critique systématique. Il profère des contre-vérités voire des mensonges et ce n’est pas ma conception du débat public.
Pourquoi la droite, à vos yeux, se trompe quand elle dit que vous avez endetté la ville et ses habitants plus que de raison et pour trop longtemps ?
Parce-que la droite ne connaît pas les dossiers. Quand je suis arrivé, j’ai assumé la dette de mon prédécesseur. Elle était relativement élevée. 220 millions d’Euros avec des remboursements décalés pour l’Auditorium. La capacité de remboursement de la dette était en 2001 de 17 ans. Aujourd’hui, c’est 13 ans. La situation s’est améliorée. On ne corrige pas une situation comme celle que j’ai trouvée en 7 ans !
La droite vous reproche aussi le train de vie des élus et de la municipalité en général… vous répondez quoi… qu’il n’y a pas eu un cocktail superflu en 7 ans ?
Ce qui est vrai, c’est que nous avons doublé le budget du feu d’artifice par exemple et ça figure dans les frais de communication. Et pour les cocktails, chaque congrès qui se tient à Dijon, est l’occasion d’une réception en mairie. Nous recevons dignement les congressistes pour qu’ils aient envie de revenir. Et on a même supprimé le Champagne, on l’a remplacé par du Crémant, c’est moins cher !
J’en viens au style Rebsamen… le style de l’homme, dans ses fonctions : les qualificatifs qui reviennent le plus souvent dans la bouche de l’opposition sont : cassant, moqueur, méprisant. Est-ce que parfois, vous avez le sentiment d’aller trop loin, en Conseil Municipal notamment ?
Non. Ce que je voudrais demander à l’opposition municipale, c’est justement d’être plus respectueuse de la fonction. Moi je ne suis pas Nicolas Sarkozy. Je suis donc loin d’être méprisant et les termes que j’emploie sont toujours pesés.
Tout est pesé, donc, “jeune blanc bec” pour M. Dugourd… vous l’aviez prévu, préparé ?
C’est une chanson de Brassens. Ca m’est venu comme ça devant beaucoup d’inexpérience. Quand on s’exprime, il faut connaître ses dossiers.
Robert Poujade, à qui vous avez succédé en 2001, a publié une sorte d’autobiographie il y a quelques mois, dans laquelle il reprend à son compte l’origine d’un certains nombres de réalisations qui sont sorties de terre à Dijon ces dernières années. Alors de quels changements visibles dans cette ville vous revendiquez la paternité ?
Tout ce que nous avons réalisé ! Il y avait dans les cartons quelques projets effectivement. Par exemple la nouvelle cuisine centrale pour les restaurants scolaires. Ce projet était prêt sauf qu’il était installé à un endroit qui ne pouvait pas bénéficier des fonds européens. Donc, moi, non seulement je l’ai financé, je l’ai réalisé mais j’ai bénéficié des fonds européens parce-que je l’ai déplacé. Quant au Zénith, rien n’était dans les cartons.
Sur le document de campagne de votre adversaire, on lit : « François Rebsamen cache un projet d’extension de 25.000m² de la surface commerciale de la Toison d’Or qui risque de porter un coup fatal au centre-ville…» Info, intox, démenti formel ?
Je ne peux même pas avoir à démentir ce type d’information. Demandez au président de la commission Commerce de la CCI qui m’a avoué l’autre jour qu’il était allé voir M. Dugourd pour lui dire : il ne faut pas dire des mensonges comme ça ! Voyez, c’est toute une volonté d’essayer de faire peur, aux uns et aux autres, par catégories. Ca ressemble en tout petit à du Nicolas Sarkozy.
Votre engagement, François Rebsamen, sur la construction de 700 logements à loyers modérés chaque année d’ici à la fin du mandat. Vous les mettez où ces nouveaux logements ?
On a la chance d’avoir des terrains à construire. Ca va commencer dès l’année prochaine sur le terrain de l’ancien collège d’Epirey. Ca se poursuivra sur l’annexe de l’hôpital général. Puis sur le quartier de la rue de Lille avec un concours de jeunes architectes européens et l’acquisition des casernes d’entrée de ville de Dijon est en négociation.
Vous voulez créer un parc naturel dans l’ouest dijonnais. Alors où, quand, comment ?
Mon prédécesseur avait fait des choses bien en la matière avec des préservations d’espaces naturels. On peut penser aux combes de l’ouest de Dijon. Nous avons remis en valeur le site du fort de la Motte-Giron. Et donc nous voulons englober dans un concept tous ces grands espaces verts pour les protéger à jamais des promoteurs.
Vous vous engagez, ce soir, à nous dire : si je suis réélu, si je reste en mairie, rien ne m’en fera partir dans les 6 prochaines années, aucune nomination, aucune autre responsabilité ?
Je ne brigue que la fonction de maire. Elle me va bien, elle me plait bien. C’est la plus belle quand elle est complétée par celle de l’agglomération. Rien ne me fera quitter ma fonction de maire si je suis réélu. En la matière, ce sont les électeurs qui décident.
Si le département de la Côte d’Or bascule à gauche le 16 mars, vous êtes conseiller général. Y-a-t-il une probabilité, aussi infime soit-elle de vous voir briguer la présidence du conseil général ?
Absolument pas !
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