Elle est pas belle, ma droite ?
27/02/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 87 | Par Alexis Billebault

La Gazette : Louis de Broissia, vous attendez-vous à une campagne délicate, quand on sait que la majorité départementale est mince sur les 22 cantons renouvelables ?
LdB : Je m’attends comme d’habitude à une bataille difficile. Mais quand j’observe l’engagement et la détermination de nos candidats sur le terrain, je suis optimiste. Ils mènent une campagne de proximité, en parlant aux électeurs des vrais problèmes. Et un autre aspect me rassure : je veux parler de l’unité de notre camp.
Il est vrai que nous n’y étions plus habitués…
Je lis et j’entends partout que la droite en Côte d’Or est désunie. Mais j’ai plutôt l’impression que ce sont nos adversaires qui ont du mal à s’unir. Prenez les élections municipales : une liste de droite, et cinq de gauche ou d’extrême-gauche. Pour les cantonales, je compte 101 candidats de gauche ou d’extrême-gauche sur 22 cantons, alors que la droite est rassemblée quasiment partout… A Dijon, la liste du maire est hétéroclite et ne tiendra pas au premier coup de vent s’il est réélu. Les gens du MoDem ne pourront pas s’entendre avec des communistes.
Revenons aux cantonales. Que signifierait pour vous un basculement du département à gauche ?
François Rebsamen veut absolument tout contrôler : Dijon, son agglomération, la Région et le Département. Cela s’explique par sa formation trotskiste. Et ce serait redoutable que la Côte d’Or passe entre les mains de François Rebsamen et de Thierry Coursin, son chef de cabinet. Tout serait alors centré sur Dijon. François Rebsamen dit lui-même que les conseils généraux ne servent à rien et qu’il faut les supprimer. Avec la gauche, les zones rurales seraient délaissées.
En cas de victoire de la gauche, qui pourrait vous succéder ? On parle de François Patriat…
C’est vrai. Il paraît qu’il en a parfois assez de la Région, parce qu’elle est trop politisée. Et trop proche de Dijon…
Quel bilan faites-vous de votre présidence départementale ?
Je crois que nous avons beaucoup avancé sur certains dossiers. La Côte d’Or est performante sur la couverture en téléphonie mobile et en haut débit, puisque le territoire est couvert à 96 %. Elle est aussi le département où le taux d’accident est le moins élevé de France. En matière sociale, nous avons fait baisser le nombre de Rmistes de 20 % et nous avons ouvert 180 dossiers de RSA. La Côte d’Or est très impliquée pour que les personnes handicapées puissent mener une existence normale. Nous proposons également le transport scolaire gratuit de l’école au lycée… Il y a encore beaucoup à faire dans de nombreux domaines, mais mon objectif est de faire de la Côte d’Or un département moderne et innovant.
Vous n’ignorez pas que dans votre propre camp, la présidence du Conseil général ne laisse pas indifférent. Notamment François Sauvadet et Bernard Depierre si on en croit les rumeurs…
Comme disait le Général De Gaulle, la nature a horreur du vide… Depuis que je fais de la politique, je suis équipé d’un gilet pare-balles invisible. Mais pour répondre à votre question, je crois plutôt que François Sauvadet a plus vocation à conduire la liste pour les régionales de 2010. Et vous n’ignorez pas qu’il est présenté comme possible ministrable si Nicolas Sarkozy procède à un remaniement. Quant à Bernard Depierre, je ferai tout pour qu’il gagne sur son canton de Dijon VII.
Serez-vous candidat à votre propre succession si vous conservez la majorité ?
Oui. Si nous gagnons, on dira que c’est grâce à tout le monde. Et si nous perdons, ce sera de ma faute. Ce qui est certain, c’est qu’en cas de victoire le 16 mars, les négociations vont débuter le soir même. L’élection du président est prévue pour le 20 mars.
Si vous perdez, serez-vous quand même candidat aux sénatoriales de septembre prochain ?
Si Dieu me prête vie, oui… J’aime ce travail au Sénat, où nous pouvons aller plus en profondeur qu’à l’Assemblée Nationale.
La semaine dernière, vous n’étiez pas présent lors de la présentation de la liste de François-Xavier Dugourd pour les municipales à Dijon. Et votre absence n’est pas passée inaperçue…
Certains ont dit que je n’étais pas là parce que je ne cautionnais pas cette liste… Seulement, j’étais ce mercredi à Paris pour des obligations parlementaires importantes. Depuis le début, François-Xavier Dugourd a mon soutien. Malgré des sondages défavorables, il mène une bonne campagne, adaptée aux problèmes des Dijonnais sur l’emploi, les crèches, les transports, la sécurité. Il ne prend pas ses ordres rue La Boétie (Ndlr : siège de l’UMP à Paris) comme d’autres les prennent rue de Solférino (Ndlr : siège du PS à Paris). D’ailleurs, vous avez remarqué que la septième année du mandat de François Rebsamen, les initiatives se multiplient. On rase gratis ! S’il est réélu, le maire de Dijon ne doit pas oublier que le prochain mandat ne durera que six ans… Pendant sept ans, il a fait de bonnes choses, il faut le reconnaître. Mais les Dijonnais doivent aussi payer les frais d’une gestion dispendieuse et tsariste. Ah, les restaurants et les réceptions, l’équipe municipale aime beaucoup. Ils vivent un peu trop visiblement sur la bête.
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