« Depuis 7 ans, le cuir est dur ! »
26/03/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 91 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : Le Conseil Général de la Côte d’Or… 21 voix à gauche… 21 à droite plus Marc Frot… et c’est le Nouveau Centre François Sauvadet qui est élu président au terme de 4 jours de négociations… la politique sort-elle grandie de cet épisode ?
Ludovic Rochette : Les territoires sortent grandis. La campagne, la ville. Je pense que tout le monde s’y retrouve. L’élection a permis de trouver un bon président. Par contre la manière dont l’élection s’est passée jeudi au Conseil Général, là, la politique n’en sort pas très grandie.
Une majorité qui se fait entre 2 interruptions de séances et 3 coups de fil. Celui qui fait la majorité prévient qu’il a un bâton de dynamite entre les mains. Est-ce bon signe et encourageant pour les 3 ans à venir du département ?
Je le pense parce-que cette majorité, elle n’est pas très grande mais concentrée. Et on n’a pas le choix. On est là pendant 3 ans, on doit tenir. Je suis optimiste. Ca oblige à nous écouter, entre nous, encore plus et à nous respecter.
François Sauvadet, le voilà, conseiller général, président du Conseil Général, député de la plus vaste circonscription de France et président de groupe parlementaire. Franchement est-ce raisonnable pour ne pas dire décent ?
Moi, je le vois travailler en tant que président depuis son élection et j’avoue que je suis bluffé. Il a pris les choses en main, déjà organisé son cabinet. Je pense vraiment qu’il a la carrure physique et intellectuelle pour mener tout ça de front. Mais avec un exécutif qui travaillera. On est 12 vice-présidents et on travaillera sur toutes les compétences et sur tous les territoires. Il délèguera beaucoup, il nous l’a dit.
Votre analyse des 36% de la liste de François-Xavier Dugourd aux Municipales à Dijon ?
C’est triste. Je m’attendais à un petit peu mieux. C’est la faute à tout le monde. On a tous à droite notre part de responsabilité. On aurait pu être meilleurs et je me mets dans le lot. On va essayer de travailler pendant 6 ans en toute intelligence, ce qui n’a pas été chose faite dans les dernières années.
Vous êtes maire de Brognon mais conseiller général d’un canton largement dijonnais. Est-ce que vous pourriez dans les prochaines années vous rapprocher de ce débat municipal ? Parce-que vous avez battu aux Cantonales deux adjoints de François Rebsamen… ça peut ouvrir des vocations, ça…
Depuis 2001, je m’intéresse autant à la place de la Libération de Dijon qu’à la place de la mairie de Brognon. Je m’intéresse aux 9 communes de mon canton.
L’intérêt pour Dijon peut-il augmenter ?
Je verrai.
Je vous ai vu représenter le Conseil Général il y a quelques mois lors d’une soirée institutionnelle. On vous avait lâché en pâture face aux deux vieux loups de mer François Patriat pour la Région et François Rebsamen pour la ville et l’agglomération. Vous en avez pris plein la tête pendant 20 minutes devant 500 personnes. Est-ce un passage obligé, ce genre de bizutage, quand on a 35 ans et qu’on veut faire de la politique ?
Qu’on ait envie de bizuter un plus jeune que soi, j’ai du mal à le comprendre. Mais je le vis très bien ! On arrive des fois dans des atmosphères un peu spéciales mais on ne va pas être effondré à cause de ça. Depuis 7 ans, le cuir est dur ! Maintenant, je le prends avec le sourire et même pratiquement avec plaisir.
Les échanges Broissia-Rebsamen étaient toujours –en tout cas en public- extrêmement vifs et tendus. Est-ce que la présidence de François Sauvadet devrait, selon vous, normaliser et apaiser les relations entre la ville et le département ?
Si ça peut détendre certains, tant mieux, mais l’aménagement des territoires ne doit pas se faire non plus sur des tensions entre les personnes. Alors tout ce que j’espère c’est qu’on arrive à travailler pour la ville et les territoires ruraux avec harmonie. Avec plus de dialogue .
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