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« Le boycott ne sert à  rien »

26/03/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 91 | Par Jérémie Demay

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A quelques semaines du début des Jeux Olympiques, la polémique enfle. Cependant, les Jeux sont avant tout la fête des sports, c'est ce que rappelle Jean-Pierre Papet, président du Cros.

La Gazette : Quel est l’intérêt sportif de ces JO de Pékin ?
Jean-Pierre Papet, président du comité régional olympique et sportif de Bourgogne : Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont la première manifestation sportive du monde. C’est bien pour cela que les JO servent parfois de tribune pour des revendications.
Pensez-vous que la ville de Pékin et plus généralement la Chine ont été les meilleurs choix pour organiser ces JO de 2008 ?
Il est sûr que la Chine du point de vue population, c’est quand même le premier pays du monde. Il a une croissance fulgurante. La Chine sera dans les premières nations olympiques. Le peuple est chargé d’histoire avec sa civilisation très ancienne. Quand le CIO (ndlr, comité international olympique) a choisi Pékin, pour moi cela coulait de source que ce soit l’Asie avec la Chine.
En attendant, l’Afrique n’a jamais organisé de JO…
C’est sûr, il y a un continent sur les cinq anneaux qui n’a jamais eu les JO…
Pourtant, en 1988, c’était la Corée du Sud avec Séoul qui avait les JO…
Il y a eu le Japon avec Tokyo et Nagano. Théoriquement, les JO sont régis par une alternance qui doit se faire, mais qui n’est pas vérifiée à chaque fois entre les cinq continents.
Craignez-vous que des nations boycottent ces JO et qu’au final le politique l’emporte sur le sportif ?
Le monde sportif sera intelligent. Le boycott, cela ne sert à rien. On a déjà l’expérience de 1980 avec Moscou. De plus, cela met les sportifs dans une mauvaise position alors qu’il faudrait leur faciliter la vie pour qu’ils produisent leurs meilleures performances. Alors que là, cela va être très compliqué si certains athlètes veulent porter les valeurs du sport et d’autres valeurs en étant des porte-paroles. Laissons les sportifs faire ce qu’ils savent faire et ce pourquoi ils se sont entraînés depuis des années. On ne va pas aux JO en s’entraînant juste l’année d’avant. Les Jeux sont presque l’affaire d’une vie. C’est pourquoi charger les sportifs de porter ces revendications qui sont justes mais dans un autre domaine, ce n’est pas très correct. Il y aura certainement des pays qui affirmeront qu’il faut utiliser les JO pour porter des messages. De mon côté, je pense que le fait du coup de projecteur sur la Chine sans rien dire sur ce qui se passe au Tibet (ndlr, sans oublier les droits de l’Homme), cela va permettre une prise de conscience et cela pourra régler certains soucis.
Pensez-vous que toutes ces revendications pour que le peuple chinois soit enfin libre risquent de passer avant la beauté du sport ?
Les sportifs qui seront allés à Pékin et qui ramèneront une médaille se souviendront uniquement de la compétition. Il est sûr que ceux qui souhaitent défendre la liberté se souviendront de ces JO à travers les changements que cela va apporter. Quand on pense aux JO de Munich, on se souvient de l’attentat contre les sportifs israéliens. Mais je connais des sportifs qui ont fait la compétition et pour eux, c’est le moment du sport qui reste .



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