Politique

Sauvadet succède à  De Broissia

26/03/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 91 | Par Alexis Billebault

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Dans une ambiance électrique, le département est resté à  droite jeudi dernier alors que la gauche se voyait déjà  vainqueur. Mais il change de président…

François Sauvadet

« Enculé, enculé, enculé!». Ce mot classieux, pilier du vocabulaire du supporter de football de base, un conseiller général socialiste l’a tenu en sortant d’une salle où la toujours opposition départementale venait de tenir une réunion de crise après l’élection de François Sauvadet. Marc Frot, visé par ces propos d’une haute teneur intellectuelle est au même moment en train de subir les foudres de François Patriat dans la salle du conseil. L’ancien ministre de Lionel Jospin le traite de « traître ». L’élu de Baigneux-les-Juifs ne se démonte pas. « Je ne savais pas que tu étais aussi con. » Le boss du conseil régional vient ensuite discuter avec la garde prétorienne de François Sauvadet. « Ma conception de la politique n’est pas celle de Frot. On va le miner », prophétise-t-il en s’éloignant. « Toi aussi, on va te miner », lance une collaboratrice du nouveau président. Que c’est beau, la politique…
Le soir du deuxième tour des cantonales, la gauche était certaine de son coup. Le département allait tomber à son tour dans son panier à provisions et laisser la droite à poil. A cette époque qui apparaît déjà lointaine, le raisonnement se tenait : Marc Frot, étiqueté MoDem, ne pouvait pas ne pas donner sa voix à Jean-Claude Robert, le candidat présenté par les Forces de progrès, puisque François Deseille, le leader en Côte d’Or avait fait alliance à Dijon avec François Rebsamen dès le premier tour. Mais le MoDem, c’est un peu comme la ficelle d’un string : ça balance une fois à droite et une fois à gauche. Présenté comme un élément incontrôlable, Marc Frot, un MoDem a donné sa voix à François Sauvadet, l’une des huiles du Nouveau Centre. Savoureux… « Finalement, ce n’est pas si étonnant. Le culto vote surtout à droite », notait un proche du groupe socialiste. Plus tard, une autre source évoquait les pressions exercées sur Marc Frot, sans doute dépassé par les évènements. « On lui a fait comprendre que s’il votait pour Robert, il allait se retrouver isolé dans son canton, qu’on ne lui ferait aucun cadeau. Là-bas, ils sont peu nombreux, ils font leurs javas ensemble. Frot risquait de passer ses soirées tout seul. Et pour son activité professionnelle, il valait mieux voter à droite. Ce type est une victime. Il a voté par peur », expliquait un proche du dossier sous couvert d’anonymat.
François Sauvadet, préféré à Louis de Broissia par sa majorité politique trois jours plus tôt et élu au deuxième tour (22 voix à 21) après plusieurs suspensions de séance, a affirmé sa volonté de privilégier le dialogue et l’ouverture. « Chacun pourra exprimer ses opinions. Et c’est le début d’une ère nouvelle ». 



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