« On tient à notre identité »
17/04/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 94 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : Vous étiez jusque-là, en mairie de Dijon, adjoint à la démocratie et la vie associative. Vous voilà désormais adjoint à l’écologie urbaine. Quelle différence avec la délégation de Christine Durnerin, qui, elle, s’occupe de l’environnement et du cadre de vie ?
Jean-Patrick Masson : Vous avez des politiques qu’on dit sectorielles, et d’autres qu’on dit transversales. L’écologie urbaine, c’est transversal, c’est-à-dire la possibilité d’intervenir sur les champs de mes collègues adjoints, sur certains dossiers, pour amener les choses au plus près de ce que peut être une ville écologique.
Sur la ville et même au niveau de l’agglomération, est-ce que vous assumiez tout le bilan de François Rebsamen entre 2001 et 2008 ?
Oui. Quand on est dans une équipe, on assume le bilan. Je ne dis pas qu’on a toujours été d’accords, en tant que Verts, sur tous les éléments de la discussion. Il y a eu des débats. Mais globalement, on assume sinon on serait partis en autonomes au 1er tour. J’espère maintenant que cette mandature permettra d’aller plus loin, par exemple sur la prise en compte de l’énergie par rapport au chauffage ou à l’éclairage. Il y avait un dossier emblématique qui faisait partie dès le départ du contrat de mandature : c’est la LINO (ndlr : projet de contournement routier nord-ouest de l’agglomération) à 2 fois 1 voie… et surtout pas à 2 fois 2 voies ! Ce sont quand-même des poids-lourds qui vont passer en zone urbaine ! Et puis on sait très bien qu’on va devoir faire face à une réduction de la circulation, avec le changement climatique, les gaz à effet de serre ou l’augmentation du prix des carburants… Il n’y a plus besoin de 2 fois 2 voies ! A l’époque de Pompidou, peut-être, mais plus maintenant.
Il y a à peu près un an, j’avais senti certains de vos amis assez tentés par un rapprochement avec le Modem et François BAYROU. Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre positionnement ?
Certains de mes amis Verts, en France, ont rejoint le Modem. Même à Dijon, on s’est posé la question : voyons ce que le Modem apporte sur le champ politique ? Un an plus tard, on s’aperçoit que le Modem a rejoint la majorité municipale. Donc ça n’était pas si idiot que cela d’aller discuter avec eux ! Mais à Dijon, on tient très fort à notre identité.
Mais quels sont aujourd’hui votre place et votre poids dans le paysage politique français ? On a du mal à s’y retrouver parce que d’un côté, vos résultats sont catastrophiques à la Présidentielle puis aux Législatives… mais en même temps, on vous voit très bien implantés dans les grandes villes et même Dominique Voynet prendre la mairie de Montreuil. Comment vous expliquez ce paradoxe ?
Il y a une grande différence, qui n’est pas nouvelle, entre la politique locale où nous sommes reconnus comme des acteurs pertinents, qui apportent des choses dans le débat municipal, et puis une difficulté réelle à se faire entendre au plan national. Notre difficulté, c’est que nous n’avons pas d’expérience gouvernementale très affirmée.
La majorité déchirée sur la loi OGM. Ca vous fait plaisir de voir Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, être pour le moins bienveillante sur l’amendement du député communiste Chassaigne ?
On n’attendait pas moins d’elle. Sa position est une position de raison. Les choses peuvent évoluer positivement. Sur le fond, je pense que nous partageons pas mal de choses avec Nathalie Kosciusko-Morizet. Sur la stratégie, c’est du grand n’importe quoi. On ne peut pas aller dans une majorité qui défend les OGM et le nucléaire quand on est écolo !
Le prix du gaz qui augmente de presque 9% en 4 mois, le baril de pétrole n’en finit plus de battre ses propres records. Ca vous inspire quoi ?
Ca nous oblige à la sobriété énergétique. C’est plutôt une chance, ça. On est dans une civilisation qui fait comme si il y avait de l’énergie à revendre sans se poser la question de son renouvellement. Aujourd’hui, on prend conscience que la sobriété est une des voies possibles. L’isolation des bâtiments, moins prendre sa voiture, aller sur le transport ferré. Et ça c’est un avenir pour tous .
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