Focus

Le plein de fool

23/04/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 95 | Par Jérémie Demay

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Gilbert Montagné donnera un concert à  l'Agora de Genlis le 30 avril prochain. En attendant, la Gazette l'a soumis à  la question.

Gilbert Montagné

La Gazette : Après ta chanson «The fool », tu devais être financièrement full ?
Gilbert Montagné : j’étais full d’ignorance. Quand on commence à 20 ans et après un super hit comme celui-là dans douze pays, évidemment que l’on n’est jamais préparé. C’est comme dans la vie. On n’ est jamais préparé au malheur ni même au bonheur, même ce dernier reste plus facile à appréhender. Je n’étais pas préparé au côté gestionnaire de mon métier, et cela personne ne nous l’apprend. Ça a été difficile au début, et j’ai mis pas mal de temps à comprendre cela. Quand on a  gagné 10 euros, il faut en mettre 5 de côté tout de suite pour les impôts.
T’es plus heureux aujourd’hui qu’ à 20 ans ?
J’ai la chance d’être toujours heureux de nature. Je regarde plutôt le soleil qui va apparaître que la pluie qui vient de tomber. Mais finalement, moi qui pensais être cool à 20 ans, je le suis plus maintenant. Je suis heureux sur scène comme à l’extérieur. Quand tu as décidé d’être public, il faut avoir conscience que l’on ne peut choisir la partie de la journée qui sera publique et celle qui sera privée. On est public tout le temps. J’ai du mal à comprendre les artistes qui  disent : « c’est chiant, dans la rue, on est tout le temps abordé… » Mais attends, il ne fallait pas faire ça !
C’est un conseil pour Nicolas Sarkozy ?
Je pense que, lui, a l’habitude. Mais s’il me demandait mon avis, je lui dirais pareil. C’est important de se souvenir que l’on est public. Mais cela ne veut pas dire que l’on se laisse marcher dessus, ça signifie être ouvert.
Qu’est-ce qui te révolte le plus ? Les impôts ?
C’est bien sûr un sujet qui n’est pas marrant. Ce qui me révolte, c’est l’intolérance. Pour ce qui concerne les impôts, c’est normal d’en payer quand on gagne de l’argent, mais ça ne résoud pas la misère. Et ce n’est pas un problème français, mais malheureusement mondial.
Tu pourrais te passer de sexe pendant combien de temps ?
Ah non, ça, c’est pas marrant ! Le moins possible ! On a la chance pour la plupart d’être livrés avec, donc, c’est pas la peine de se faire du mal. Vaut mieux se faire du bien, ah ouais.
Sous la douche, tu chantes les « Mille colombes » de Mireille Mathieu ?
Non, (rire) mais j’aime bien les colombes…
Même si elles sont mille ?!
Ouais, bien sûr. Non, c’est vrai, j’adore caresser une colombe. C’est sensuel, c’est super sympa. Les oiseaux, c’est un truc qui m’a toujours fasciné car pour moi ce sont les premiers chanteurs. Si on siffle, c’est pour s’identifier à l’oiseau et pas le contraire.
J’ai téléchargé tous tes tubes sur internet, tu m’en veux ?
Non, pas du tout, je trouve que c’est normal. C’est la faute à l’industrie du disque qui pour le coup a été vraiment aveugle. Ils n’ont pas voulu croire à la force d’internet. C’est facile de crier au feu quand on donne aux incendiaires les allumettes pour l’allumer. Mais tout cela va s’arranger. Il faut savoir évoluer.
C’est quoi la chose la plus dingue que tu as fait pour une femme, à part rester ?
J’ai eu l’occasion de dire à la personne avec qui elle était avant moi que si ce n’était plus lui, il faudra qu’il sache que je suis le premier sur la liste.
C’est quoi la tache ménagère qui t’énerve le plus ?
Je préfère essuyer la vaisselle que de la faire. Je n’aime pas du tout le bruit de l’aspirateur.
Tu regrettes d’avoir voté Sarko ?
Absolument pas. Personne n’est venu me chercher pour que je participe à son meeting de Bercy. J’ai découvert ses meetings sur internet. Je trouvais qu’il avait plus de charisme que malheureusement Ségolène. Elle n’était pas au mieux de sa forme à ce moment-là.
Tu fais quoi ce soir ?
Je reste à la maison, je vais regarder la télé à ma façon.
Justement, tu as hâte que la télé débarque en braille ?
Non, mais il faut que cela soit en audio description. Quand il y a des scènes muettes dans le programme, il faut qu’elles soient décrites. De septembre à fin décembre, j’ai fait une mission sur le handicap visuel. J’ai rencontré le président du CSA et les présidents de chaînes, je les pousse à généraliser ce dispositif.
T’es plutôt slip ou caleçon ?
Plutôt rien du tout. Je préfère dormir sans rien. Sinon, le reste du temps, les deux modèles.
Les deux en même temps ?
Non, (rire).
T’en a pas marre de mes questions à la con ?
Non, car encore une fois, si je les trouvais pas bien, il ne fallait pas que je fasse un métier avec le public. Cela ne me dérange pas de répondre tant qu’il y a un minimum de sens .



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