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Le cadeau social de Rebsamen

22/05/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 98 | Par Dolorès Charles

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Alors que l'inflation poursuit sa hausse, le maire socialiste de Dijon décide de geler les tarifs municipaux liés à  la restauration scolaire, aux centres de loisirs et aux crèches. Dans l'optique d'aider les familles.

François Rebsamen

Le pouvoir d’achat est devenu la principale préoccupation des Français selon les sondages, et sa baisse ressentie au niveau du portefeuille des familles incite les élus à réinventer leur politique sociale. Aussi, le maire PS de Dijon, François Rebsamen, vient d’annoncer le gel des tarifs municipaux pour les foyers qui utilisent les services de restauration scolaire, les services périscolaires et extrascolaires (ex : centres de loisirs), les crèches et haltes-garderies. La mesure dite exceptionnelle sera mise en place cette année. Pour ce qui est des cantines, la dernière hausse des tarifs remonte à janvier 2007 (2%), et grâce à ce gel, les tarifs ne changeront pas jusqu’en septembre 2009. Une telle décision n’est pas sans conséquence sur les finances communales, cette mesure de soutien au pouvoir d’achat, promesse de campagne du candidat Rebsamen, coûtera cher, environ 650 000 euros, soit un point d’impôts.
Pour François Rebsamen, « Dijon sera ainsi confrontée à un double phénomène, l’augmentation des prix des produits alimentaires, et la décision de ne pas répercuter cette hausse sur le budget des Dijonnais. » Face à ce manque à gagner important, les services de la ville devront faire des économies : réduction des coûts de fonctionnement pour un montant de 200 000 euros, rationalisation des modes de surveillance dans les salles de sport, dématérialisation de documents, moindre utilisation de papiers (ndlr : l’économie réalisée pourrait atteindre quelques dizaines de milliers d’euros et s’inscrira dans le volet éco-citoyen de la ville), et enfin renégociation des emprunts, pour une valeur de 300 000 euros environ.
En annonçant la nouvelle, le premier magistrat de la ville n’a pas oublié de signaler le désengagement de l’Etat en général, et au niveau de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) en particulier. Un désengagement estimé à 250 000 euros. Selon François Rebsamen, « Dijon est liée par une convention avec la Caisse, qui lui apporte des subventions. En contrepartie, la ville propose des prestations enfance jeunesse aux familles. » Au total, ce sont plus de 8000 familles, pour ce qui est de la restauration scolaire, qui seront bénéficiaires de ce cadeau social. « Une mesure forte et lisible… »
Une mesure qui pourrait par ailleurs être reprise ailleurs en France, « j’espère que d’autres collectivités, selon leur capacité de financement, feront le même effort financier, car cette baisse du pouvoir d’achat est générale et concerne toutes les familles », précise le maire. En France, les prix à la consommation sont en hausse de 0,3% en avril, par rapport à mars. Une progression moins forte que les mois précédents, notamment en mars où un bond de 3,2% a été enregistré. A Dijon, la moyenne de l’évolution des coûts des denrées alimentaires est de 10%. Les disparités sont fortes, l’augmentation est de 3% pour les fruits et les légumes, et de 20% pour les produits laitiers, d’après le tableau récapitulatif des prix fourni par la ville .



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