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Fous ta cagoule

27/05/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 99 | Par Jérémie Demay

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Faut-il avoir peur de la prolifération des caméras de vidéo protection ? Pour ses défenseurs, elles seront là  pour nous protéger. A l'inverse, pour ses détracteurs, ces caméras sont la première étape d'un fliquage permanent. Dominique Clémang, avocate au barreau de Dijon et présidente de la Ligue des droits de l'homme de Côte d'Or précise son mécontentement.

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La Gazette : Pourquoi la Ligue des droits de l’homme est-elle hostile à la mise en place de ces vidéos protections ?
Dominique Clémang : Notre position est très simple sur cette question: pour nous, tout système de vidéo surveillance porte en soi une atteinte à la liberté individuelle et aux droits fondamentaux des individus puisque cela constitue une surveillance constante et tout à fait injustifiée. De plus, c’est une atteinte considérable à la vie privée. Tout dernièrement, notre président, Jean-Pierre Dubois, dans un hebdo indiquait qu’à la suite des élections municipales, la gauche avait été portée au pouvoir dans plusieurs villes de France. Cependant, il faut rester très vigilant sur ces questions de vidéo surveillance qui commencent à fleurir partout à droite comme à gauche. Dijon, malheureusement, s’illustre dans cette volonté de surveillance qui appartient plus généralement à la volonté d’un contrôle social que le maire le veuille ou non.
A Dijon, cette vidéo protection se justifie-t-elle ?
Le centre-ville de Dijon n’est pas devenu une zone de non-droit ces dernières années. Rien ne le justifie en terme de chiffres, en revanche, on nous parle de faits divers. C’est exactement comme le gouvernement actuel qui légifère quand il y a un fait divers qui émeut l’opinion publique. La loi n’est plus l’expression de la volonté générale, mais cela devient une réaction à l’émotion. A Dijon, pour la vidéo protection, on compte deux exemples : l’agression d’un journaliste (ndlr, Philippe Maupetit, photographe de presse lâchement tabassé par un groupe de violents écervelés pendant la dernière coupe du monde), et l’agression d’une personne place François-Rude.
Justement, la vidéo protection aurait pu permettre de retrouver ces agresseurs…
Le problème, c’est que les caméras ne sont pas partout. De plus, une caméra n’a jamais empêché un individu de mettre un coup de poing à un autre, de lui voler son appareil photo, ou lui mettre un coup de couteau. Elle peut faciliter le travail des policiers dans certains cas, encore faut-il qu’ils puissent traiter l’information. Il faut également que la caméra ait pu filmer le visage des personnes, ce qui n’est pas évident dans le cas d’une mêlée.
Mais alors, malgré les inconvénients que vous venez de citer, la mairie décide quand même de les installer ?
 On nous a donné comme explication que les commerçants du centre-ville s’étaient plaints des tags à répétition, ce qui est une infraction gravissime s’il en est… Mais n’importe quel gamin qui sait qu’il y a une vidéo surveillance va se mettre une cagoule sur la tête et il taguera, et il pourra mettre la peinture sur la caméra en question ! C’est pourquoi rien ne justifie la mise en place de vidéo surveillance à Dijon.
Pour la mairie, ces caméras seraient là pour dissuader…
L’effet dissuasif des caméras est très relatif. Cela ne fait que déplacer le problème. En fait, c’est cacher la misère que je ne saurais voir. Pour ce qui concerne le passage à l’acte inopiné d’un individu qui pète un plomb, les caméras vidéo n’ont pas d’effet dissuasif sur les pathologies mentales. Beaucoup de délinquants violents ont des pathologies mentales. Ils agissent sous le coup d’une impulsion .



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