Les dossiers chauds de Rebs
27/05/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 99 | Par Alexis Billebault

La Gazette : François-Xavier Dugourd s’est ému du possible sort de la BA 102, qui pourrait être menacée par le plan de restructuration des armées. Partagez-vous son inquiétude ?
François Rebsamen : (Il exhibe un courrier adressé à François Fillon quelques jours plus tôt). Disons que je suis attentif et que je suivrai de très près l’évolution de ce dossier. La BA 102, comme d’autres bases aériennes en France, pourrait être concernée par ce projet. En tant que maire de Dijon, je me devais d’écrire au Premier ministre. Il est normal que je me renseigne sur l’avenir de cette base, qui emploie plus de 2000 personnes, et qui concerne donc des familles entières. Par contre, je regrette que M. Dugourd n’ait pas respecté l’accord qui avait été passé entre Claude Darciaux, députée-maire de Longvic, François Sauvadet, François Patriat et moi-même.
Il a vendu la mèche, en quelque sorte…
Pas plus tard que le samedi 17 mai, j’avais demandé à François Sauvadet d’intervenir auprès de François-Xavier Dugourd pour que rien ne sorte sans un accord commun. On a vu le résultat… Mais il est dans son rôle, et il a voulu faire parler de lui. Et pour revenir à ce dossier, je suis solidaire avec tous les parlementaires du département qui comme moi pensent à l’avenir de la BA 102. Tous ont pris leurs responsabilités en prenant certains contacts. Sauf Rémi Delatte.
Lors d’une récente conférence de presse, François-Xavier Dugourd est revenu sur le projet d’extension du centre commercial de la Toison d’Or…
J’ai reçu une invitation pour rencontrer les responsables de la structure qui gère ce centre commercial. Ils auraient, semble-t-il, un projet à me présenter, ce qui est leur droit, mais il n’est absolument pas acquis que je le valide. Et je tiens à rappeler que je ne suis en aucun cas favorable à la sortie de terre de 20 000 m² supplémentaires à la Toison d’Or. On connaît la volonté gouvernementale de faire sauter la loi Royer, mais je m’opposerai à tout ce qui peut compromettre le commerce du centre-ville.
Autre projet à faire l’objet de différentes rumeurs, celui du Parc des Expositions. Qu’avez-vous de concret à dire sur cette question ?
Une étude a été réalisée par Congrexpo. Le hall 3 mériterait en effet d’être réaménagé. En fait, pour le Parc des Expositions, il y a trois scénarios envisageables : le transférer à l’emplacement du Palais des Congrès, le transférer sur un autre site et le reconstruire sur place. C’est l’hypothèse que je privilégie. Et je rassure M. Dugourd : la commission Grands Projets se réunira sur ce projet comme sur celui du tramway.
Par contre, le service minimum dans les écoles ne semble pas vraiment vous enthousiasmer. On dit pourtant que les Français y sont majoritairement favorables…
Il faut savoir que 90 % des maires de France, avec parmi eux des maires UMP, y sont opposés. Donc il n’est pas question de dogmatisme. Seulement, Sarkozy est obnubilé par les sondages. En effet, 60 % des Français sont favorables à ce que l’on garde leurs enfants les jours de grève. Mais dans le projet du gouvernement, on veut remplacer le personnel enseignant par des assistants scolaires qui ne sont pas formés pour enseigner. Et ensuite, qui paye l’accueil ? Car les assistants scolaires peuvent aussi être en grève. L’Association des Maires de France a envoyé de nombreuses questions pratiques à Xavier Darcos, qui devrait savoir qu’on ne peut pas contraindre les collectivités locales. Et en plus, je ne veux pas jouer au briseur de grèves !
Le pouvoir d’achat est une préoccupation majeure des Français. Avant votre réélection, vous aviez promis certaines mesures. Est-ce suffisant ?
Nous faisons le maximum. Nous avons décidé de geler les tarifs pour les restaurants scolaires, les centres de loisirs et les crèches haltes-garderies jusqu’au 1er septembre 2009. Les tarifs appliqués sont ceux de janvier 2007. Pour les familles concernées, cela représente 650 000 euros d’économie. Nous avons 7800 enfants qui mangent chaque midi dans les restaurants scolaires, et je ne suis pas loin de penser que dans certains cas, il s’agit pour eux du seul repas équilibré de la journée. Vous savez, je rencontre beaucoup de Dijonnais, et je ressens comme une crainte face à l’avenir. Où est donc le président du pouvoir d’achat ?
L’essence est chère. Cela doit faire augmenter le nombre d’utilisateurs du Vélodi…
Oui, c’est un succès. Nous avons à ce jour environ 12 000 abonnés. Par contre, je déplore les actes de vandalisme contre certaines stations. Mais avec la vidéosurveillance au centre-ville, cela devrait s’atténuer.
Faut-il réintroduire la TIPP flottante, créée sous Jospin? Car pour une fois qu’un technocrate avait eu une bonne idée…
(Rires). Je pense en effet que ce serait une décision bienvenue. Mais je ne crois pas que cela fasse partie des plans du gouvernement .
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