Politique

De Broissia ne s’ennuie pas

26/06/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 103 | Par Alexis Billebault

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Intarissable sur la question de la BA 102, de la réforme de l'audiovisuel et des sénatoriales, Louis de Broissia, très occupé, se montre un peu plus discret sur l'avenir de l'UMP 21. « Ce n'est pas encore le moment d'en parler ! » Alors, parlons du reste…

La Gazette : Dans quelques jours, c’est-à-dire le 3 juillet, l’avenir de la BA 102 sera définitivement connu. Faut-il encore être optimiste ?
Louis de Broissia : Moi, je suis simplement réaliste. C’est-à-dire que j’espère simplement que la décision qui sera prise dans quelques jours ne répondra qu’à des critères purement militaires, comme cela est précisé dans le Livre Blanc sur la Défense. Il y est indiqué que les différentes forces armées seront présentes là où seront respectées les nécessités de la Défense.
Là, on parle de théorie. Car on évoque plutôt une question politique. En gros, que Sarko ne se gênerait pas pour fermer une base aérienne très proche d’une ville gérée par un homme influent du Parti Socialiste…
Je ne veux pas y croire une seconde… François Rebsamen n’aura rien à voir dans le choix qui sera pris. J’ai pris contact avec Nicolas et avec son entourage pour faire valoir les arguments de la BA 102, qui est un modèle militaire. Sans oublier l’aviation civile… La BA 102 a un avenir. Si elle est maintenue, elle sera encore appelée à se développer. Maintenant, c’est à Nicolas Sarkozy, le Chef des Armées, de trancher.
On a l’impression que les élus font cause commune autour de ce sujet brûlant. Tout arrive…
Oui, même si je ne suis pas d’accord avec François Patriat quand il dit aux journalistes que les élus ne se bougent pas assez sur le sujet. Il s’active beaucoup, d’ailleurs, en ce moment, le président du conseil régional. On le voit partout. Il penserait aux élections sénatoriales, d’après ce que j’entends ici et là… Enfin, ce n’est pas le sujet : les élus côte d’oriens, de François Rebsamen à François Sauvadet en passant par Bernard Depierre agissent tous pour le maintien de la BA 102.
Et si elle devait fermer ?
Ce serait un tremblement de terre. Avec des conséquences économiques, territoriales et humaines très importantes. Je le répète, nous ne pourrions pas admettre que des critères étrangers au Livre Blanc sur la Défense puissent être pris en compte.
La semaine dernière, le Sénat a voté NON à l’inscription de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, alors que cela avait été voté par l’Assemblée Nationale et souhaité par le gouvernement…
Je n’étais pas en session ce jour-là, mais j’aurais voté NON également. Je m’explique : les langues régionales existent, elles sont même parlées et enseignées. Très bien. Mais la France a toujours développé une tradition d’unité derrière un drapeau et une langue. Et il ne faut pas mettre cette unité en danger.
Puisqu’il est question de la réforme des institutions, êtes-vous favorable à ce que le Président de la République vienne devant le Parlement ?
Oui. Cela n’aurait rien de choquant. Et puis, il s’exprime devant les Français. Pourquoi ne ferait-il pas la même chose devant les parlementaires une ou deux fois par an ? Par ailleurs, je suis favorable à un renforcement des pouvoirs du Parlement sur l’action du gouvernement. Les élus votent les lois. Il faut également qu’ils puissent contrôler leur application.
La commission Copé va présenter son rapport à Nicolas Sarkozy. L’abandon de la publicité sur les chaînes publiques, était-ce vraiment une bonne idée ?
Sincèrement, je ne la partage pas avec Nicolas Sarkozy, et il le sait. Mais il a le droit d’avoir des idées. Nous avons donc travaillé sur le projet d’une nouvelle télé publique, avec de nouveaux moyens. Je ne pense pas qu’il faille supprimer toute la publicité sur le service public.
L’idée de Sarko, annoncée sans concertation préalable, ressemble fort à une volonté de favoriser les chaînes privées, dont certaines sont dirigées par ses petits copains…
Je ne crois pas à cette théorie. Et vous savez comme moi que nos chaînes privées sont également en difficulté. En Grande-Bretagne, la BBC, qui est publique et qui ne diffuse pas de publicité est une chaîne de qualité.
Les salariés de l’audiovisuel public s’inquiètent…
C’est normal, puisqu’il est question de changements dans la façon de travailler. Mais nous ne souhaitons pas qu’il y ait des licenciements. Il faut en revanche améliorer la formation des journalistes aux nouveaux supports.
Pour financer le manque à gagner publicitaire, de nouvelles taxes sont prévues…
Oui, sur le chiffre d’affaires des opérateurs Internet et de téléphonie mobile, ou sur les recettes supplémentaires des télés privées.
Et, last but not least, une indexation de la redevance télé sur l’inflation. Au rythme où celle-ci grimpe, c’est le jackpot assuré…
Nous proposons une redevance maintenue et élargie à tout mode de réception. En partant d’une base de 116 euros, soit le tarif actuel de la redevance actuelle.
Êtes-vous déjà en campagne pour les élections sénatoriales du mois de septembre ?
En effet. J’ai été auditionné récemment par la commission d’investiture à Paris. J’attends le verdict final ainsi que les noms des colistiers. Ce sera de toute manière une campagne assez courte.
Et l’UMP 21 ? Un nouveau président doit être élu en novembre…
(Malicieux) Eh bien, nous en reparlerons en novembre…
Serez-vous candidat ?
Je ne sais pas encore.
Il paraît que certains cadres de l’UMP locale s’activent beaucoup pour vous succéder…
(Faussement candide) Ah bon ? Ce dont je suis convaincu, c’est que l’UMP 21 aura un très bon président .



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