Une carrière en bout de piste
26/06/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 103 | Par Jérémie Demay

Décidément, ces derniers temps, il ne fait pas bon avoir une piste d’aéroport. Après le problème de la BA 102, c’est l’aérodrome de Darois qui voit son activité menacée par l’implantation d’une carrière de pierres trop près de son site. Ce n’est pas par coquetterie que Jean Wiacek, le président de l’aéroclub de la Côte d’Or et gestionnaire de l’aérodrome de Dijon-Darois, s’inquiète, puisque cette carrière est un non-sens pour la sécurité. Cette implantation se ferait sur le site même d’une échappatoire utilisée par les avions rencontrant des soucis au décollage : « les zones de poser d’urgence, il n’y en a pas beaucoup. L’an passé, un appareil a atterri à cet endroit. S’il y a une carrière à la place, cela fera plus de morts que dans le champ actuel », explique Jean Wiacek.
De plus, d’autres risques sont à prévoir : changement des courants d’air au dessus de la carrière (alors que les avions seront en plein décollage), production massive de poussières, arrivée probable d’oiseaux venant se rafraîchir autour de nouveaux points d’eau… Bref, à terme, les 200 emplois générés par l’aérodrome seraient menacés directement. Alors que la carrière embaucherait quatre personnes…
Le maire de Darois, Pascal Minard, se fait du mouron également pour ses administrés : « quand l’entreprise tournera sur son volume moyen, c’est 100 camions en plus par jour, quand elle montera sa production, soit 480 000 tonnes par an, cela fera 200 camions… ».
Pour l’instant, l’étude des services de l’Etat continue, lesquels donneront leurs conclusions ce vendredi 27 juin. Si l’autorisation est donnée d’ouvrir cette carrière, Pascal Minard portera l’affaire devant le tribunal administratif de Dijon. A moins que les services de l’Etat sur ce dossier remettent les pieds sur terre.
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