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La Bourgogne vue du ciel

17/07/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 106 | Par Xavier Gauthier

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Avec la montgolfière, survolez le plancher des vaches en douceur et sans bruit.
Embarquez à  bord d'un avion de tourisme made in Dijon.

Vogue la montgolfière

Avec la montgolfière, survolez le plancher des vaches en douceur et sans bruit.

Dans un vaste pré tout vert bordé de hauts peupliers frémissants au nord-est de Chagny, nous piaffons d’impatience. Heureusement, parmi nous, un groupe de cyclotouristes de Miami en goguette sur les routes viticoles de la Bourgogne débouchent une bouteille de… Bourgogne.
Au sol, sur le flanc, gît la nacelle en osier tandis que se déploient les 1 500 m2 de plis de l’immense enveloppe multicolore. Le spectacle peut commencer !
A coups d’air froid impulsé par un ventilateur, la toile se gonfle, ondoie et se balance au gré des vents. Réchauffée par deux brûleurs à propane, l’enveloppe se redresse prête à s’envoler à la moindre bourrasque.
Patatras ! Le vent souffle trop fort. La faute à un méchant cumulo-nimbus. Le départ est repoussé. C’est le premier enseignement d’un vol en montgolfière : son succès repose entièrement entre les mains d’Eole.
Enfin, peu avant 20 heures, le commandant de bord, Pierre Bonnet, remet les gaz : le ballon se cabre fièrement, prêt à s’élancer.
Nous crapahutons tous à bord de la vaste nacelle flambant neuve. Après quelques tangages au décollage, l’ensemble file vers les cieux embués de cette journée nuageuse. Etonnant de voir cette masse de 700 kg sans compter le poids de ses neuf passagers s’élever avec légèreté et grâce. Un danseur étoile qui aurait un corps de Casimir.
Sous nos pieds, notre pré s’éloigne et se réduit rapidement. L’A6 revêt des aires de champêtre nationale 6.  et les humains ressemblent à des nains de jardin. Le vent nous pousse en direction du sud-ouest à une vitesse de croisière comprise entre 10 et 20 km/h. Là-haut, entre 100 et 300 mètres d’altitude, tout n’est qu’ordre et beauté… Seuls perturbent cette quiétude les rugissements intermittents des brûleurs. Nous léchons le sud de la côte des Blancs avec en point de mire Chassagne-Montrachet.
Plus au sud, nous abordons la pointe nord du vignoble du chalonnais avec les arpents de vignes sagement ordonnancés de Bouzeron. A mesure que nous glissons vers le sud, parallèle au canal du Centre, le sol se couvre d’un vaste tapis vert : forêts et prés entremêlés qui progressivement laissent place aux seuls bocages pommelés des taches blanches des charolaises. Des mammifères que la curiosité pousse à notre rencontre jusqu’à ce que le vrombissement des brûleurs ne les fasse déguerpir dans tous les sens. Tandis que nous voguons là où le vent nous porte tel un voilier aérien, Pierre Bonnet, relié par radio, guide notre équipage au sol pour la réception.
Avec la fin du jour, l’heure de l’atterrissage approche. Gare aux lignes électriques, fléau de l’aéronaute. Finalement, notre pilote opte pour un pré juste au-dessus du canal du Centre à hauteur de Saint-Jean de Trézy. Va pour les vaches et les bouses ! L’aérostat pique droit au sol. Après deux ou trois ricochets, l’aérostat s’immobilise. Petit hic, le pré n’est pas accessible par véhicule. Il faut donc redécoller pour franchir la haie délimitant le pré voisin qui, lui, est carrossable. Après un vol d’1h20 et quelque 15 km, l’enveloppe se déballonne à grande vitesse sous le regard ahuri des bovins.
L’aventure se termine par la remise d’un certificat d’ascension qui stipule que le vol a été effectué à bord du globe aérostatique Arlequin avec courage et sang-froid. Si, si ! C’est écrit noir sur blanc sur le certificat .

Tél. : 03.85.87.12.30
www.air-escargot

 

Vol au-dessus de Dijon

Embarquez à bord d’un avion de tourisme made in Dijon.

Après les dernières vérifications sur l’appareil au sol, Jean Wiacek, président de l’Aéro-Club de la Côte d’Or, met le contact du quadriplace DR 400. Décollage sous un soleil de plomb aux côtés d’un autre DR 400 de 200 chevaux piloté par un professionnel de l’aéronautique. Nous partons pour un vol en patrouille en vue de faire des repérages pour un prochain meeting aérien dans une commune de l’agglomération dijonnaise.
Le quadriplace de fabrication locale – l’avionneur Robin aujourd’hui rebaptisé Apex, l’un des derniers Français à sortir des avions de tourisme, fait face à l’aérodrome – file à une vitesse de croisière de 200 km/h à 5 000 pieds soit 1 500 mètres d’altitude. Il suit son leader légèrement décalé et en dessous de sa carlingue.
Au sol se déploie le tapis de camaïeu vert rehaussé ici et là de bandes brunes mais déjà, plein sud, l’agglomération dijonnaise et son béton gris, se rapproche. Face à nous, le lac Kir et tout de suite derrière, les grands ensembles de la Fontaine d’Ouche. Après un virage sur notre droite, nous repiquons sur Darois pour un atterrissage en douceur sur le tarmac de l’aéro-club. Créé en 1923 par des militaires, l’Aéro-Club de la Côte d’Or installé sur le site de Darois depuis 1957 est plutôt bien fourni avec 8 avions Robin, 2 ULM multiaxe (pilotage comme un avion) et un hélicoptère pour 240 membres dont 70 élèves. Des chiffres qui en font le plus important club d’aviation civile de la Bourgogne. Voler, un rêve certes onéreux mais accessible à tous, sans distinction de niveau socio-professionnel, et surtout aux plus jeunes. Pour le brevet de base qui autorise à voler seul dans un rayon de 30 km autour de l’aérodrome dès l’âge de 15 ans, il faut compter 3 700 euros, soit 22 heures de vol. Les moins de 21 ans peuvent bénéficier d’un système de bourse réduisant la facture de moitié. Pour le brevet de pilote privé (PPL) qui ouvre les portes de tout l’espace aérien de l’UE avec la possibilité d’emmener des passagers, il faudra débourser près de 4 000 euros supplémentaires.
Chaque année, le budget minimum pour conserver sa qualification est de 1 800 euros. Le coût de l’heure de vol qui comprend outre le carburant, l’amortissement du coucou, la maintenance et les assurances varie entre 88 euros pour un ULM et de 102 à 159 euros pour les avions.
Le PPL constitue une étape incontournable à toute carrière dans l’aéronautique. A ce jour, 25 professionnels de ce secteur ont fait leurs classes à l’Aéro-Club de la Côte d’Or .

Tél. :03.80.35.61.09          

http://aeroclub.cotedor.free.fr 



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