La colle à bloc
17/07/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 106 | Par Jérémie Demay

La Gazette : que va apporter ce nouveau parpaing ?
Jean-Louis Maggioni, directeur général de l’entreprise Maggioni : le technibloc est une évolution de l’ancien agglo. C’est un bloc à coller plutôt qu’à maçonner traditionnellement avec la fabrication sur le chantier d’un mortier à base de sable, de ciment, et d’eau. Cette étape était pénible dans la fabrication puisque pour construire une maison, il fallait utiliser entre quinze et dix-sept tonnes de mortier. Avec le technibloc, nous apportons une solution de colle prête à l’emploi.
Concrètement, où est le changement ?
Déjà au niveau des qualités utilisées sur le chantier. En effet, avec un sac de colle de vingt-cinq kilos on va maçonner trois palettes d’agglo. Entre chaque joint d’agglo, on va intercaler avec de la colle. Au lieu d’avoir deux centimètres de mortier, on va, avec un rouleau applicateur, mettre un film d’un millimètre de colle.
Cette innovation fera-t-elle faire des économies à l’achat ?
Le prix du bloc est plus cher. En revanche, sur le coût au mètre carré à la pause, les entreprises s’y retrouvent en terme de gain de temps. En plus, avec technibloc, il n’y aura aucun déchet sur le chantier. Puisque avec des blocs traditionnels, il faut souvent les casser pour en faire des demis ou des tiers, alors que là nous proposons des modules. Ce sera comme des Lego.
Comment se pose cette colle ?
Nous utilisons un appareil pour l’appliquer directement sur les parois du bloc. Il n’y a plus aucune coulure sur les côtés ce qui entraîne moins de gâchis.
Ces blocs permettent-ils vraiment une bonne isolation ?
Nos agglos ont des vides d’air pour l’isolation thermique qui permettent également une meilleure ventilation. Au final, l’isolation thermique est meilleure. Pour ce qui est de l’isolation phonique, on garde les mêmes propriétés qu’avec un bloc classique.
Si le technibloc ne se vend pas, est-ce que l’activité de l’entreprise sera mise en péril ?
Non. Nous avons fait un investissement très lourd à hauteur d’un demi-million d’euros. Mais la pérennité de l’entreprise n’est pas menacée.
Maggioni ne cesse d’innover, vous pensez déjà à de nouveaux produits ?
Cette année nous avons construit une nouvelle centrale à béton qui nous a coûté quasiment deux millions d’euros. Mais cette centrale est plus écologique puisque les eaux sont récupérées, et le recyclage du béton est effectué. On ne pensait pas lancer le technibloc tout de suite, mais les clients nous l’ont demandé. C’est pourquoi il a été primordial de le lancer maintenant.
Maggioni n’est pas réputé uniquement sur ses innovations, mais aussi sur sa démarche environnementale…
Nous n’avons pas attendu le Grenelle pour nous en préoccuper. Nous traitions déjà les eaux depuis des années. Nous avions également passé un contrat avec EDF concernant l’énergie propre. Cela nous faisait payer le kilowatt plus cher sur ce que nous consommions sur notre site pour qu’ensuite cela en approvisionne d’autres avec de l’énergie propre. On ne communiquait pas à ce sujet car c’était un engagement personnel de la famille Maggioni. Nous avons également la certification NFFDES qui vient confirmer notre travail sur l’environnement que nous menons depuis quelques années .
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