Les trésors de Marsannay
17/07/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 106 | Par Christian Bernard
Marsannay ne cultive pas seulement la vigne, ce village cultive aussi la différence. Ici et nulle part ailleurs en Bourgogne, la terre délivre des vins rouges, des blancs et du rosé, tous en AOC village, s’il vous plaît. Le vignoble de Marsannay aux portes de Dijon (communes de Chenôve, Marsannay et Couchey) offre une diversité unique en son genre. 45 domaines et maisons produisent ce nectar connu depuis l’époque gallo-romaine. Ce sont, comme souvent en Bourgogne, les moines qui inscrivent durablement la vigne dans le village. Les ducs de Bourgogne contribuent à sa renommée en s’octroyant le vaste Clos des Ducs à Chenôve, rebaptisé Clos du Roy après la défaite de Charles le téméraire.
Rares privilèges, les vins de Marsannay trônent sur les tables royales de Louis XIV et Louis XVI. Au XVIII, l’abbé Courtépée louait déjà les crus de Marsannay comparables aux autres grands vins de la Côte de Nuits.
Au XIX, pour répondre à la demande forte à Dijon, on plante du gamay. Cette parenthèse surproductive se ferme au XXe, les vignerons reviennent au cépage plus traditionnel – le pinot noir – et naturellement, la reconnaissance en AOC arrive en 1987. Depuis, 20 ans de millésimes, de travail, de persévérance ont fait de Marsannay un moteur, un modèle de dynamisme. L’appellation peut ainsi s’enorgueillir de produire sur 532 hectares les 3 couleurs grâce à la diversité de son sous-sol. Les rouges sont puissants et généreux non sans rappeler les voisins de Gevrey ou Fixin. Les blancs s’expriment sur des notes d’agrumes, de fleurs blanches et sont tout en rondeur et en finesse.
Bien sûr, la grande spécialité de Marsannay, ce sont ses rosés. Ici, c’est un véritable vin de gastronomie rien à voir avec les rosés d’apéritif. Très fruités et aromatiques, ils montrent en bouche une vraie personnalité : de la chaire, de la corpulence, de la gourmandise et de la fraîcheur.
Aujourd’hui, Marsannay a le vent en poupe. Certaines parcelles pourraient prétendre au classement en premier cru…le dossier a été déposé à l’INAO en 2005. Il serait très surprenant que les hautes instances refuse cette demande on ne peut plus légitime .
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