Environnement : De pire en Kir
28/08/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 107 | Par Jérémie Demay

Pas de pavillon bleu pour l’homologue dijonnais de Paris-Plage cette année. Et pour cause, la campagne d’analyse menée pendant toute la saison 2007, révélée fin juin par la DDASS, est sans appel : le lac Kir décroche un glorieux C, signifiant : eau pouvant être momentanément polluée. L’explication de ce résultat peu flatteur pour Dijon-plage est livrée dans le rapport de la DDASS : « un mauvais résultat d’analyse sur 12 réalisées a été enregistré au niveau de la baignade du lac Kir à Dijon le 25 juillet 2007. Le plan d’eau est alimenté par la rivière l‘Ouche dont la qualité a été perturbée durant les mauvaises conditions météorologiques. Il faut rappeler que la qualité de cette baignade est suivie par le service communal d’hygiène et de santé de Dijon ». Bref, si en 2007 un seul contrôle s’est avéré être mauvais, c’est uniquement le résultat d’une grosse averse. Ces grosses pluies d’été sont d’ailleurs la bête noire des services de la mairie de Dijon : « Quand il ne pleut pas du tout, c’est là qu’on a les meilleurs résultats. Quand il pleut régulièrement, cela provoque parfois un affaissement de la qualité sans pour autant dépasser les seuils limites. Cependant, en cas de gros orage, nous avons un grand risque de dégradation de l’état de l’eau », explique Michel Souman, responsable des espaces verts de la ville.
C’est vrai si l’on regarde les résultats de cette année, en juillet, par exemple, il y a eu peu de pluie : 59 mm, alors que la normale est fixée à 61mm. Ces faibles précipitations se répercutent sur les résultats d’analyse puisque quatre contrôles moyens ont émergé les jours de pluie. Mais la météo du mois d’août pointe du doigt la faiblesse du lac Kir. Les 17 premiers jours d’août, Météo France a relevé 64,6 mm, alors que la normale du mois entier est établie à 58 mm. En plus, pour arranger le tout, le 12 août, un violent orage s’est abattu sur Dijon inondant de nombreuses entreprises, caves de maison, et même la prison. Ce trop plein d’eau a été mal digéré par le lac Kir puisque la présence de bactéries telles que les streptocoques fécaux ou les Escherichia coli (bactéries responsables entre autres des gastro-entérites) frôle la limite : 1382 Escherichia coli pour 100 ml alors que la limite de bonne qualité est fixée à 100 pour 100 ml, et la norme limite européenne, elle, est à 2 000. Passé ce stade, la baignade est interdite. A titre de comparaison, l’étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône n’est pas réputé pour ses eaux limpides et pourtant avec les mêmes tests les résultats sont meilleurs qu’au lac Kir avec 290 Escherichia coli pour 100 ml… Autre paramètre du test : la transparence. Cette dernière ne doit pas être inférieure à un mètre, pourtant selon les résultats de la DDASS au lac Kir, la visibilité n’excède pas les 70 centimètres… Contrairement à l’an passé, les tests effectués cette saison frôlent les limites européennes, mais ne les dépassent pas. Cependant le risque est réel notamment en cas d’écorchures puisque les bactéries pénètrent directement dans le corps. Si le système immunitaire n’est pas au top, c’est la gastro assurée. Décidément, le point commun entre un verre de Kir et boire la tasse dans le lac Kir reste la modération.
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