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Plein le sac

28/08/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 107 | Par Jérémie Demay

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Education. A la rentrée, les parents sont pris entre deux feux : faire plaisir soit à  leur enfant, soit à  leur porte-monnaie.

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Entre 2007 et 2008 le prix de certains produits ont augmenté de

Xavier Darcos l’avait promis : cette année, la rentrée scolaire devrait coûter la même somme que l’an passé. Pour ce faire, le ministre a établi une liste de produits « essentiels pour réussir sa rentrée ». Xavier Darcos a même négocié avec les grandes enseignes de la distribution un accord pour que les produits de première nécessité pédagogique n’augmentent pas par rapport à l’an passé. Cependant, le bilan est mitigé pour François Riotte, président de la FCPE de Côte d’Or : « on a l’impression que les grandes enseignes présentent des produits d’appel avec des prix serrés, mais il faut bien regarder la qualité de ce qui est proposé. » Le délégué de parents d’élèves va plus loin : « j’ai fait un comparatif de prix entre 2007 et 2008. Certains cahiers ont augmenté de 18%, les batons de colle, eux, c’est 6%. »
D’année en année, les crayons, cahiers, classeurs, et autres agendas ne cessent de grimper, crevant de fait le pouvoir d’achat des ménages déjà bien sollicités en ce début septembre. Pourtant, au début du XXe siècle, Jules Ferry avait proclamé l’école laïque, gratuite, et obligatoire pour tous. Force est de constater que ce principe n’est plus que théorique. Afin d’aider les parents, une allocation fluctuante selon les revenus est allouée aux parents. Toutefois, pour beaucoup, cette allocation ne suffit pas à couvrir tous les frais : « j’ai touché près de 300 euros pour Benjamin qui rentre cette année en 5e. Mais une fois les courses effectuées, il ne me reste plus grand-chose puisqu’il faut l’habiller, payer l’assurance, la licence pour le foot… en septembre on n’arrête pas de payer », explique Sophie. « Je pense qu’il est aussi normal de s’investir dans la scolarité de ses enfants dans la mesure du possible bien sûr », tempère Christian, père d’un fils en 4e et d’une fille qui rentre en CM2.
Depuis quelques années, la fameuse liste de la rentrée scolaire s’allège.  Finie la liste interminable de modèles de cahiers, et vive la simplicité puisque maintenant l’heure est à l’allégement. Allégement non seulement de la facture, mais aussi du poids du cartable. Les deux sont liés puisque les professeurs demandent de moins en moins les gros cahiers de 180 pages mais préfèrent demander d’acheter deux cahiers de 96 pages. Ainsi, les parents peuvent acheter des lots de cahiers qui sont moins chers qu’à l’unité, de plus, l’élève prend dans son cartable un cahier deux fois moins gros, et donc moins lourd.
Xavier Darcos ajoute, dans une note envoyée aux recteurs d’académies ayant pour but d’expliquer aux chefs d’établissements comment construire une liste de fourniture, que cette période d’achat peut être un exercice pour les enfants : « le système éducatif doit préparer les jeunes à être de futurs consommateurs éclairés, capables de distinguer le nécessaire de l’accessoire ». Même si ce n’est pas ce petit jeu de bienvenue dans le monde de la consommation qui va rendre positif le PIB, certains parents ont déjà adopté la démarche. Marie-Claire est la maman de Manon qui rentre en 6e cette année. Marie-Claire donne un budget de 30 euros pour l’achat de la trousse et des fournitures pour la remplir. « Je pense que c’est faisable », s’exclame Manon. Mais la jeune fille reste bloquée face à un dilemme : « si je prends la trousse avec ce stylo plume, je ne pourrai prendre que des effaceurs et des Bic. » Manon a bien une solution, cependant cela ne satisfait pas sa maman puisque la collégienne souhaite faire une croix sur les feutres. « Cet exercice lui fait comprendre la valeur des choses », s’émerveille Marie-Claire. La solution est trouvée, Manon change de stylo plume.
Dans les rayons des magasins, tous les parents ont les yeux fixés sur la liste, comme s’ils jouaient un jeu de piste. Pourtant, rien ne les oblige à acheter tout ce qui est marqué. D’ailleurs, la note du ministre l’indique : « aucune disposition légale n’oblige les parents à procéder à ces achats. Cependant, les fournitures scolaires individuelles sont demandées. » Bref, ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Or, l’école est gratuite. Il n’est pas rare, dans le primaire notamment, que la commune fournisse aux élèves tout ce dont ils ont besoin. Cependant, dès que l’élève rentre au collège, il ne reçoit plus rien. Pourtant, les collèges sont sous la gestion des conseils généraux. L’an passé, l’administration départementale offrait l’agenda. Cette disposition n’existe plus cette année. Mais, dans le même temps, le conseil général achète les manuels scolaires. Le conseil régional qui gère les lycées ne s’occupe pas de la liste. Cependant, la région participe aux frais d’équipement des élèves en lycée technique.
Les effets de la liste Darcos sont visibles dans les magasins, au moins pour les produits d’appel. Cependant, dès le plus jeune âge, la règle reste : dis-moi ce que tu as dans ton cartable, je te dirai le revenu de tes parents .



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