Trousse crève bourse
28/08/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 107 | Par Jérémie Demay

« Je laisse mes enfants choisir pour l’agenda et les crayons, mais pour le reste, c’est moi qui décide. J’ai le dernier mot », se félicite un parent croisé dans les rayons du supermarché. Si ce dernier pense contrôler le budget pour la rentrée en ayant « le dernier mot » sur tout ce qui ne va pas dans la trousse, il se trompe. En effet, la Gazette a rempli un chariot de produits sans marques, et souvent de premier prix, et un autre garni d’article de marques. La différence atteint près de 60 euros pour exactement les mêmes produits uniquement pour remplir la trousse. Par exemple, si le prix du taille-crayon d’entrée de gamme est à 55 centimes, celui où trône l’ourson le plus gentil des dessins animés est à 2,80 euros, soit une différence de plus de 400% ! Le plus flagrant reste le stylo plume. L’entrée de gamme est à 80 centimes alors que le modèle le plus cher est à 10,90 euros… Bref, pour une trousse remplie de produits sans marques, il faudra débourser près de 17 euros. Dans le même temps, pour la même trousse gavée de produits de marques, la facture grimpe à 77,50 euros.
Pour les fournitures où les parents pensent avoir leur dernier mot, la différence entre marques et sans marques est moins flagrante. Ainsi, pour un élève entrant en 6e avec des produits sans marques, la facture avoisine les 35 euros. Pour un chariot débordant de marques, le ticket de caisse indiquera près de 60 euros. Bref la différence n’est que de 25 euros. Le même écart se retrouve pour un élève de 3e. Si effectivement la variation n’est pas énorme entre marques et produits non griffés, l’addition commence à être salée quand on additionne la trousse avec le reste des fournitures. Pour un élève de 3e, ce sera tout de même 83 euros de moins pour un équipement sans marques. La différence se trouve surtout sur les classeurs (grand format souple) où l’entrée de gamme est à 1,50 euro et le plus cher est à 6,50 euros. Pourquoi une telle disparité ? Le premier est uni, l’autre est couvert du logo d’une marque de Street-wear. Forcément, cela sera plus classe devant les copains et les copines avec ce classeur qui fera aussi bien son office que le premier prix, mais il faudra débourser 5 euro en plus…
Il est important de noter que les listes données aux parents par les établissements pour les courses de rentrée sont beaucoup moins précises qu’avant. Auparavant, les professeurs demandaient des modèles de cahiers très différents. Pour les uns, il fallait absolument le cahier 21×29,7 petits carreaux, pour un autre c’était la même taille mais avec des grands carreaux, sans oublier ceux qui demandaient les mêmes spécificités de taille de carreaux pour les formats 29×32… bref, il était difficile aux parents d’acheter des lots qui, par définition, sont moins chers que l’achat à l’unité. Or depuis quelques années, les professeurs ont réussi à s’entendre pour un modèle de cahier qui généralement est un cahier 29×32 grands carreaux. Les listes sont plus simples, ce qui évite une perte de temps énorme dans les magasins, mais surtout cela permet de globaliser les achats.
Avec ou sans marques, ce ne sont pas les affaires scolaires qui détermineront le travail durant l’année. Toutefois, les spécialistes expliquent qu’il est important pour l’élève d’avoir quelques produits qu’il a choisis pour créer une source de motivation dès la rentrée .
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