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« Le problème c’est le vent »

25/09/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 111 | Par Jérémie Demay

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Résistance. Michel Magerand, vice-président de la fédération Vent de colère n'aime vraiment pas les éoliennes.

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La Gazette : Vingt-cinq éoliennes sortent de terre à Sainte-Seine-l’Abbaye, regrettez-vous ce choix ?
Michel Magerand : vice-président de la fédération Vent de colère : « Bien sûr, le paysage est détruit. A mon avis, c’est anti-écologique.
Pourquoi cela détruit-il le paysage ?
Ce sont des sites naturels classés. On s’assoit sur tous ces classements reconnus par la France et l’Europe. Tout cela va au bénéfice d’industriels qui sont financés par loi qui oblige Edf  à racheter ce courant trois à quatre fois plus cher qu’elle ne le produit. De plus, la production d’énergie via l’éolienne n’est pas viable, puisque s’il n’y a pas de vent, cela ne tourne pas.
Pourtant en Europe, l’éolien fonctionne bien ?
En Allemagne, avec près de 20 000 éoliennes il y a une différence entre la puissance  installée et la puissance produite (16%). En France, quand elle sera de 7%, ce sera le maximum.
Selon vous, les plateaux français ne sont pas assez venteux ?
Il n’y a pas de vent. Une éolienne de 0 à 20 km/h fabrique sa propre énergie pour tourner sur elle-même. De 20 à 70 km/h elle produit de l’énergie. Enfin, au dessus de 70 km/h elle s’arrête pour des raisons techniques. Le courant n’est pas stockable. Il doit être acheminé au fur et à mesure qu’il est produit.
Pour vous les éoliennes sont à la fois une ineptie esthétique et économique ?
Economique et énergétique. En France, vous appuyez sur l’interrupteur et la lumière s’allume. C’est grâce au nucléaire. Notre production d’électricité issue du nucléaire est de 75%. Nous sommes le seul pays au monde qui produit le moins de gaz à effet de serre. On s’est aperçu que les pays qui avaient opté pour l’éolien se trouve avec des gaz à effet de serre supérieurs à la normale. Ils sont obligés de compenser les baisses de production par des centrales thermiques.
Ces technologies propres comme l’éolien ne cessent de s’améliorer…
Le problème, c’est le vent. La carte des vents de l’Ademe indique qu’il n’y a pas de vent dans le Nord Côte d’Or.
Pourtant les industriels et les élus semblent confiants…
Les élus vous disent ce qu’ils veulent. Ils n’ont pas regardé. Ils sont d’accord parce qu’ils touchent une manne financière.
Le parc éolien ne pourrait-il pas redynamiser ce territoire ?
Pas du tout. Cela va le désertifier. Plus personne ne voudra acheter de maison sur Saint-Seine.
A cause des éoliennes ?
Bien sûr ! Il suffit de voir ce qui se passe dans le sud de la France. L’immobilier a baissé. Personne ne souhaite acheter une maison avec une éolienne à côté. Il y a quand même du bruit. Cela ne fait peut-être pas de bruit au pied, mais à deux ou trois kilomètres. Le gros problème c’est qu’ils les laissent tourner en roue libre. Mais quand ils les mettent en route, sur le générateur cela tire. C’est comme un moteur électrique.
Le fait que le Grenelle de l’environnement incite les collectivités à s’équiper de ce type de matériel est une mauvaise chose ?
Les entreprises françaises ne produisent rien à part des mâts à Longvic. Tout le reste vient de l’étranger.
On se fait duper quand on nous présente l’eolien comme une technologie d’avenir ?
C’est une technologie du passé. Ce n’est pas adapté à notre vie moderne. L’ineptie est que l’on exporte 15% de notre électricité. On construit des centrales nucléaires qui vont avoir le double de capacité par rapport aux anciennes générations. Par comparaison, pour remplacer une centrale nucléaire il faudrait 8 000 éoliennes .



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