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Moulin vert

25/09/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 111 | Par Jérémie Demay

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Souffle. Unique en Bourgogne, un parc de 25 éoliennes sort de terre sur le plateau de Saint-Seine-l'Abbaye.

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A terme le parc de Saint-Seine-l'Abbaye comptera 25 éoliennes, ce qui n'est pas du goà»t de tout le monde

Le plateau surplombant Saint-Seine-l’Abbaye au nord de la Côte d’Or est-il devenu un site stratégique de premier ordre ? C’est pourtant l’impression que le comité d’accueil donne aux visiteurs… Jean-Marc Parreno, ingénieur construction à Eole-RES, donne les consignes de sécurité : « il faut respecter le code de la route sur les chemins amenant aux éoliennes, vous devrez rouler à 30 km/h, vous ne devrez pas vous approcher trop près des éoliennes, vous devrez porter un casque et un gilet jaune. Voici la carte du site, en cas de problème contacter le 112 et indiquez leur l’endroit précis. » Il faut dire que ce parc de vingt-cinq éoliennes attire les visiteurs souhaitant admirer ce chantier unique en Bourgogne. Cependant, les travaux n’étant pas terminés, il existe toujours un risque inhérent à tout chantier. D’ailleurs, afin d’assurer au maximum la sécurité, des équipes de surveillance gardent le site pour éviter que les badauds ne déambulent à leur convenance, mais aussi afin d’éviter tout acte de malveillance.

Des paysages magnifiques
C’est vrai que le site est beau. Certes, c’est une question de goût. Cependant, il est difficile de rester insensible à ces moulins à vent culminant à 125 mètres de haut. Les pales tournent à la vitesse de quinze tours par minute. Le pouvoir hypnotique est absolu. Il suffit de les regarder pendant quelques minutes et l’imagination s’envole vers un autre monde. Pour ajouter encore plus de magie, le seul bruit perceptible est celui créé par la pénétration des pales dans l’air. Comme le va-et-vient des vagues de l’océan, ce bruit repose et détend. Le léger son du moteur électrique est à peine audible, même au pied de ces structures.
Le vent est le carburant des éoliennes. Il suffit que le vent souffle à 13 km/h pour que l’électricité se fabrique. Le principe est simple puisque c’est le même que celui d’une dynamo. Sauf qu’en l’occurrence la dynamo mesure 125 mètres pour un poids total de 251 tonnes ! Le vent, ce n’est pas ce qui manque sur ce plateau, mais il change de direction très fréquemment. Pas de problème pour les éoliennes puisque elles sont équipées d’un anémomètre qui les orientent automatiquement dans le sens du vent. Au dessus de 90 km/h, elles s’arrêtent toutes seules. Dans ce cas, les pales tournent sur elles-mêmes afin d’offrir le moins de résistance possible au vent. Le dispositif en place peut ainsi résister à des rafales de plus de 300 km/h.
La présence du vent a bien sûr été l’élément déclencheur dans le choix du site. Après plus de quatre ans d’études menées par Eole-Res, le projet est viable. Dans ces investigations, les ingénieurs ont porté leur attention sur plusieurs points : la faune, la flore, les habitations, mais aussi les points d’accès au site, la présence d’une station météo, l’existence d’un poste de source EDF placé à moins de 20 km… La faune est un point important puisque le parc éolien ne doit pas être placé dans un couloir migratoire, ni même trop prêt des endroits de nidification. La présence de chauve-souris est aussi prise en compte car ces dernières peuvent être perturbées par le bruit des pales. C’est que les cousines de Batman ont l’ouïe sensible. L’impact sur les paysages rentre également dans le cahier des charges puisque le site étant classé, il ne s’agit pas de le défigurer avec les éoliennes. « Ainsi, aucune éolienne ne sera visible depuis le belvédère de la N71 surplombant le vallon de l’Ougne et le village de Saint-Seine-l’Abbaye », explique le document de présentation du parc rédigé par Eole-Res. Enfin, l’étude de faisabilité du parc éolien a également entraîné les ingénieurs à mener des études archéologiques mettant à jour des tombes mérovingiennes.
Bref, si l’écologie est un élément fort dans ce dossier, l’économie est également primordiale. « Il y a une taxe professionnelle qui se rattache aux éoliennes. A l’heure actuelle, je ne peux donner de chiffres concrets vu que la loi de finances va changer en fin d’année. De ce fait, la taxe professionnelle va être revue. En revanche, il existe des bases qui sont arrêtées à 15 000 euros par éolienne », décrit Catherine Louis, maire de Saint-Seine et présidente de la communauté de communes de ce secteur regroupant 20 municipalités. Il faut donc ajouter à cette base de 150 000 euros la taxe professionnelle qui sera définie ce vendredi, en sachant qu’actuellement ce taux de taxation est de 9,34%. Cependant, les communes ne sont pas les seules à bénéficier du souffle des éoliennes puisque les propriétaires des terrains sur lesquelles elles sont implantées touchent 4 000 euros par an et par éolienne. Bref, une belle manne financière pour un territoire à l’économie fragilisée par l’absence de grandes entreprises. Eole-Res, tout de même, investit près de 70 millions pour ce parc de 25 éoliennes.
L’investissement est très important, mais l’enjeu est de taille. Au final, Eole-Res entend produire pas moins de 120 millions de kWh. Ce qui représente, d’après une brochure d’Eole-Res, la consommation électrique pour environ 48 000 personnes. Tout cela grâce au vent ! Tout kW produit par une énergie propre est acheté par EDF : pour « l’ éolien terrestre : 8,2 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 2,8 et 8,2 c€/kWh pendant 5 ans selon les sites », apprend-t-on sur le site du ministère du Développement durable. Sur le site du parc éolien de Saint-Seine, les concessions d’Eole-Res durent trente ans.Toutefois, durant cette période, les éoliennes ne sont pas livrées à elles-mêmes. Toutes les cinq cents heures d’utilisation, elles ont droit à une révision. Au programme : resserrage de boulons et autres vérifications. Le même souci de contrôle et de maîtrise règne dans les instances locales. En effet, la communauté de communes détermine un secteur (appelé Zone de développement des éoliennes) qui sera ensuite ratifié par la préfecture. Ce dispositif « permet d’éviter le mitage au niveau des paysages, explique Catherine Louis, sinon il pourrait y avoir des éoliennes qui se dressent un peu partout. Le but de ZDE est de créer un rassemblement pour avoir une cohérence. »
En plus des 25 éoliennes en cours de réalisation, les communes de Francheville et Chanceaux s’interrogent sur l’implantation de six éoliennes sur leur territoire.



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