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Développement durable : Billets verts

20/11/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 119 | Par Jérémie Demay

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Edifiant. Ancien étudiant à  Dijon, le journaliste Julien Rebillard vient de publier La croissance verte, une enquête évoquant les profits pouvant être générés grà¢ce au développement durable

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La Gazette : Comment peut-on générer du profit avec le développement durable, notamment avec l’électricité ?
Julien Rebillard, journaliste : Il existe deux manières. D’abord le côté individuel, ensuite il faut regarder les collectivités locales. Pour les personnes, quand on produit soi-même son énergie, cela représente tout d’abord une économie puisque ce n’est pas facturé. La quasi-totalité des gens produisant eux-mêmes leur énergie revendent cette électricité à EDF à des tarifs bonifiés. En une petite dizaine d’années, le matériel est amorti, ce qui permet ensuite de gagner de l’argent en revendant l’électricité. Les entreprises, elles, recourent de plus en plus à l’éolien par exemple. A ce stade, c’est le même système que pour les particuliers. En ce qui concerne les collectivités, l’éolien est le plus repandu. Ce sont souvent des unités de petites tailles pouvant être installées à peu près n’importe où. Ceci permet par exemple d’installer une éolienne dans un champ tout en permettant à l’agriculteur de travailler encore dessus. De plus, cela génère des revenus par le biais de la taxe professionnelle. Bien sûr, tout ceci est soumis à des contraintes comme l’exposition au vent. Mais globalement, de nombreux territoires en France peuvent accueillir de l’éolien. L’avantage des énergies renouvelables est qu’elles sont décentralisées.
Mais par exemple, pour un particulier, rien ne l’empêche de revendre son électricité à EDF qui est obligé de l’acheter  à  un tarif supérieur au marché. Cela ressemble à un profit artificiel ?
Oui. Par rapport aux coûts d’installation, il existe tout une série de dispositifs fiscaux de type crédits d’impôts. Mais il faut voir aussi que dans le nucléaire, il existe pas mal de coûts cachés. C’est pour cela que l’ont dit que cette énergie est bon marché.
Par exemple ?
En cas de situations climatiques particulières comme la température qui augmente, théoriquement, il existe une limite qui interdit aux centrales de rejeter de l’eau quand les fleuves sont déjà trop chauds. Mais quand il existe un réel besoin, on va facilement pondre un arrêté pour déroger à la règle. De même pour les assurances. Les exploitants nucléaires ne sont pas couverts en matière d’assurance à hauteur des dommages qui pourraient survenir en cas d’incident. Bien sûr les dégâts financiers, en cas de catastrophe, sont énormes. Leur police d’assurance est loin de tout couvrir. Dans ce cas, c’est l’Etat qui paiera les frais ! C’est une partie des aides détournées. Quand aujourd’hui on entend que l’éolien est rentable parce qu’il est subventionné, on peut dire la même chose sur le nucléaire.
Peut-on peut générer du profit à partir du développement durable, notamment dans les transports, comme les Velodi à Dijon ou les Vélib’ à Paris ?
Pour la collectivité, c’est intéressant puisque cela ne coûte rien. En plus, elle en tire même un profit. A Paris, par exemple, les bornes sont utilisées pour les campagnes d’affichage. Non seulement, ce ne sont pas les collectivités qui gèrent ce système, mais elles perçoivent une redevance. Avec une vision plus macro-économique, quand on regarde le coût d’usage d’un véhicule particulier, toutes les alternatives permettant d’éviter d’utiliser sa voiture, c’est autant de pouvoir d’achat libéré.
Surtout qu’une voiture reste immobile plus de 90% de son temps…
Je ne suis pas sûr que l’on puisse quantifier les services rendus par la voiture par son temps d’utilisation. En revanche, d’autres indicateurs sont plus parlants. Les trajets en ville, c’est en moyenne deux à trois kilomètres.  Même sans être un grand sportif, cela peut se faire facilement à pied ou à vélo. Dès qu’on laisse sa voiture au garage, cela génère des économies .



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