François Sauvadet : « Dijon est devenue une citadelle »
27/11/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 120 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : Vous présidez le Conseil Général de la Côte d’Or depuis 8 mois. Vous rendez constamment hommage à celui que vous avez remplacé, l’UMP Louis de Broissia, et dans le même temps, vous nous dites que les choses au département sont en train de bouger et de s’améliorer. Donc expliquez-nous comment Louis de Broissia était un président formidable, mais en même temps, il y a tout à faire !
François Sauvadet : J’étais, avant, le 1er vice-président. J’ai donc travaillé avec Louis de Broissia sur des dossiers importants et avec le souci de maîtriser la fiscalité et de rendre la dépense efficace et utile. Maintenant, autre président, autre personnalité, contexte différent. Et puis la volonté d’avoir une politique beaucoup plus lisible pour le Conseil Général. On était partenaire de beaucoup d’opérations mais souvent les Côte d’Oriens ne savent pas ce que nous faisons exactement. Donc j’ai souhaité que nous ayons une politique plus identifiée et qu’à chaque fois que nous sommes financeurs, nous soyons partenaires et codécideurs.
Vos adversaires parlent de votre hyper-communication en vous reprochant le coût de votre auto-promo permanente. Jean-Claude Robert, le chef de file de la gauche au département s’insurge contre les 100.000 Euros de la ferme de Côte d’Or à la foire gastronomique de Dijon. Qu’est-ce que vous leur répondez ?
Je comprends que ça les gêne et que ça dérange. On préfèrerait un Conseil Général silencieux. Il ne s’agit pas de faire de l’autopromotion. Il s’agit simplement de dire ce que nous faisons, avec des orientations qui sont soumises à débat mais pour lesquelles j’observe que la gauche ne fait aucune proposition. C’est facile de dire : regardez, c’est de la com’… Moi, j’attends une opposition constructive. Nous avons des enjeux très importants comme l’enfance en difficulté, le RMI, les personnes âgées, le handicap. Le Conseil Général a une politique ; elle est chiffrée, concrète et se fera avec les partenaires du territoire.
L’opposition au Conseil Général explique que vous rejetez systématiquement toutes les propositions qui viennent de la gauche, même celles du plus élémentaire bon sens. Vous seriez méprisant ?
Ah bon ? C’est la première fois que j’entends des mots de cette nature. On s’attaque à des personnes quand on n’a pas d’idées. Entre les mots et la réalité, il y a un fossé pour l’opposition. J’ai même proposé de rencontrer le groupe des Forces de progrès pour échanger avec eux sur l’avenir de la Côte d’Or et rechercher des convergences. C’est silence radio. Toutes les propositions, d’où quelles viennent, si elles sont utiles pour la Côte d’Or, seront entendues.
La droite côte d’orienne va mal : humiliée aux Municipales à Dijon, battue à Montbard, le département reste à droite par miracle en mars grâce à un conseiller Modem qui vous choisit au dernier moment. Alors je sais bien que vous n’êtes pas à l’UMP, mais vous n’avez pas envie de prendre les choses en main ?
La droite n’a pas été humiliée. Les citoyens ont fait un choix et je le respecte. L’UMP est un partenaire. Simplement, je veux de la clarté dans les engagements. La gauche joue sur la confusion. Parlons des projets pour Dijon. Dijon est devenue une sorte de citadelle où François Rebsamen me demande sans cesse des rendez-vous sans me les accorder lui-même. On est dans un monde de fous ! Alors je vous annonce que j’ai quand-même un rendez-vous avec monsieur Rebsamen, qu’il me demandait. Le 5 décembre. Je vais lui dire des choses simples. Quand il va me parler du tramway, je vais lui dire que j’aurais aimé qu’on discute, avant de demander le financement du Conseil Général, de quel dispositif de transport en site propre on veut. Est-ce que vous trouvez normal que la Fontaine d’Ouche ne soit pas desservie par le tram alors qu’on a, à proximité, l’arrivée de la liaison Nord-Ouest, l’arrivée de l’autoroute venant de Pouilly et la route de Châtillon ? On doit proposer aux Dijonnais un autre choix que celui que voudrait imposer François Rebsamen .
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