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Mauvaise boutade de Dijon

27/11/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 120 | Par Jérémie Demay

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Choc. L'annonce la semaine dernière d'Unilever de fermer trois des ses sites (sur quatre) en Bourgogne est loin d'être anecdotique. Passer le symbole, c'est près de 300 emplois qui sont menacés. La contre-attaque se prépare.

Choc. L'annonce la semaine dernière d'Unilever de fermer trois des ses sites (sur quatre) en Bourgogne est loin d'être anecdotique. Passer le symbole, c'est près de 300 emplois qui sont menacés. La contre-attaque se prépare.

« Unilever veut rajouter à la crise économique une crise sociale » vocifère François Rebsamen le lendemain de la déclaration du groupe de fermer trois de ses sites bourguignons. Déjà empêtré dans le marasme socialiste, le maire de Dijon a reçu en urgence les syndicats et représentants du personnel. Tout le monde est sous le choc. Cependant, les salariés se doutaient que leur maison mère préparait un sale coup. C’est pourquoi ils ont convoqué un CE extraordinaire, avec la mauvaise nouvelle qui a suivi.
Amora-Maille est moins rentable ? Faux ! Avec un bénéfice de 22 millions d’euros et un taux de rentabilité avoisinant les 12 %, la production n’a pas à pâlir de ses résultats. Mais le nouveau modèle économique veut toujours plus, pour continuer à gaver des actionnaires, et payer les fonds de pensions américains. Résultat : la production serait délocalisée en Europe de l’Est.
Effectivement, le calcul pour Unilever est simple. Amora-Maille est rentable, mais pour l’être toujours plus, il est tellement plus simple de moins payer les salariés. En attendant, les élus locaux se mobilisent. Enfin, ils essaient. Même si l’union de circonstance est réelle, que peuvent-ils faire ? « On veut des explications ! » s’énerve François Rebsamen. Explication sur la stratégie de l’entreprise, et après ? Pour avoir ses réponses, syndicats et politiques sont montés hier mercredi à Paris.
En attendant, dans les collectivités territoriales c’est le branlebas de combat afin de savoir combien d’aides directes et indirectes ont été octroyé au groupe. Cependant, selon nos informations et contrairement à ce qu’affirment les politiques et syndicalistes, aucune aide n’aurait été donnée à Unilever.
Et même le cas échéant où des subventions auraient été concédées, la seule chose que les collectivités pourraient demander c’est le remboursement… autant dire pas grand-chose pour Unilever. Bref, face aux multinationales les salariés et élus locaux sont désarmés et ne peuvent qu’être écœurés.



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