Stéphanie Modde : « Pas seulement un parti sympathique »
18/12/2008 | La Gazette de Côte d'Or n° 123 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : On s’est tellement moqués des Verts, de leur désignation de candidat interminable et incompréhensible, de leurs luttes de personnes. Là, Cécile Duflot vient d’être réélue pour un deuxième mandat à la tête du parti. 70% des suffrages. Ca y est, les Verts ont mûri et peuvent faire la leçon au PS?
Stéphanie Modde : On ne veut pas faire la leçon à quiconque mais c’est vrai que les Verts ont mûri. On sait où on va, avec une ligne politique claire. On a un carnet de route pour les élections à venir, avec l’envie d’avoir autour de nous toute la galaxie écologiste et de mener une liste autonome aux Européennes en allant de José Bové aux amis de Nicolas Hulot.
Sondage TNS-Sofres la semaine dernière : les Verts sont le parti le plus populaire en France avec 46% de bonnes intentions. Il y a 1 an 1/2 à la Présidentielle, Dominique Voynet fait 1,57%. Avez-vous une explication à ce paradoxe ?
A la Présidentielle 2007, il y a eu le traumatisme lié à celle de 2002 avec un vote utile dès le 1er tour. On l’a pris de pleine face. Aujourd’hui, on n’est pas seulement un parti sympathique. On fait du bon travail dans nos responsabilités régionales ou municipales. On montre qu’on a des idées et qu’on sait les mettre en œuvre. On est des partenaires valables pour le PS mais on est capables aussi de s’autonomiser par rapport au PS et de proposer nous-mêmes un programme qui tienne la route et que les électeurs aient envie de mettre un bulletin vert dans l’urne.
Mais dans votre mue, votre évolution, vous n’avez pas envie de dire « arrêtons de vouloir absolument apparaître comme de gauche, il y a des gens très bien à droite et madame Kosciusko-Morizet croit vraiment à l’écologie » ?
C’est un débat que nous avons tranché. On a un ancrage naturellement à gauche. La politique actuelle de Nicolas Sarkozy nous montre que l’écologie n’est pas compatible avec une politique libérale où rien n’est régulé, où on laisse faire et quand on laisse faire, c’est l’environnement et le social qui trinquent !
Les Verts sont dans la majorité à la Région depuis bientôt 5 ans ; vous faites la promotion du transport en train plutôt que la voiture. Dijon-Nevers, 145 kilomètres à vol d’oiseau, c’est minimum 2 heures et demie en train. 1°/ trouvez-vous cela normal ; 2°/ est-ce un constat d’échec pour les Verts dans la majorité et éventuellement 3°/ qu’est-ce qu’on peut espérer dans ce domaine ?
Il n’y a pas de constat d’échec. Depuis plusieurs années, la fréquentation des TER est en hausse constante (+6% en moyenne par an). Quand nous sommes arrivés au Conseil Régional il y a 4 ans, la ligne Dijon-Nevers était équipée de trains vraiment obsolètes. Il y a eu un gros effort pour moderniser les trains sur cette ligne. Mais le succès aidant, il y a plus de trains en service, on n’a pas encore pu rénover entièrement les trains et ça génère des temps encore bien trop importants. En 2010, on devrait n’avoir que des rames plus performantes sur cette ligne qui permettront d’améliorer grandement les temps de parcours.
Vous vous êtes rendue, à Turin, il y a quelques semaines, pour participer à la Conférence du Réseau Européen des régions sans OGM. Dites-nous où en est la Bourgogne dans ce domaine.
La Bourgogne ne peut pas se battre seule contre les OGM donc c’est tout l’intérêt de tisser un réseau européen avec un travail de lobbying à faire sur Bruxelles. Là, on a par exemple peur que le moratoire interdisant en France la culture du maïs Monsanto 810 ne tombe. Il faut que ce moratoire soit tenu et que les régions qui le souhaitent, comme la Bourgogne, puissent continuer à faire des produits de qualité sans OGM.
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