Sport

Dessarzin : zoom sur le basket français

29/01/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 127 | Par Alexis Billebault

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Regard. L'entraà®neur suisse de la JDA livre son avis sur le basket en France.

Dessarzin : zoom sur le basket français

La formation
La France a une bonne qualité de formation, et cela est valable pour la plupart des disciplines sportives. J’ai l’impression qu’un nombre élevé de jeunes n’arrivent pas à franchir le cap. Mon avis n’engage que moi, mais je crois qu’ils sont un peu trop gâtés. Ils ne sont assez formés pour avoir l’indispensable esprit de compétition. Prenez l’INSEP, qui est sans doute ce qui se fait de mieux au niveau formation. Là-bas, on ne leur demande pas de gagner, ni de se faire mal. Le basket français met des moyens assez importants dans la formation des jeunes, mais le  résultat est à mon sens décevant. Par rapport à certaines qualités athlétiques, notamment. Et en France, on a tendance à en faire des stars un peu trop vite alors qu’ils n’ont encore rien montré.

L’Europe et la Pro A
Les échecs du Mans et de Nancy cette saison en Euroligue ne sont pas très étonnants. Cela fait des années que les clubs français n’obtiennent plus de résultats lors des compétitions européennes. Pourtant, vu les moyens engagés par ces deux clubs, il y avait moyen de faire mieux. Mais il ne faut pas se voiler la face : non seulement le basket français sort de moins en moins de très bons joueurs, mais en plus, il n’arrive plus à attirer que des étrangers de deuxième, voire de troisième choix. De plus, il faut savoir gérer les états d’âmes de ces joueurs. Certains sont des mercenaires : ils privilégient l’aspect économique et leur CV plutôt que le challenge sportif. Ils ne sont pas forcément de vrais compétiteurs. A niveau égal, il est par exemple difficile de trouver l’équivalent français d’un meneur comme Eric Chatfield. Pourtant, je suis certain que cet équivalent existe. Sans doute en Pro B, là où se réfugient beaucoup de jeunes joueurs français à qui on ne donne pas vraiment leur chance en Pro A.

Réformer la Pro A et la Pro B
Je suis partisan d’une Pro A à vingt clubs. Quand je regarde le calendrier de la Pro A, je suis certain que l’on pourrait facilement caser huit matches supplémentaires dans la saison, en jouant de temps en temps en semaine, ce qui est de moins en moins le cas. Certaines équipes terminent le championnat mi-mai et ne reprennent que fin septembre ou début octobre. Et dans des villes comme Nantes ou Bordeaux, il y a sans doute des projets. Il faudrait à mon sens créer une Super Pro B ou une Super nationale 1, également à 20 clubs. Et pourquoi pas limiter à quatre le nombre d’étrangers afin d’offrir plus de chances aux jeunes joueurs français. Il faudrait également développer les partenariats entre clubs de Pro A et de Pro B. par contre, je ne pense pas que la France en général et l’Europe en particulier soient prêtes pour un système de Conférences à l’américaine…

Des structures à améliorer
Certaines salles de Pro A ne sont pas spécialement adaptées aux exigences de la Pro A. Du coup, cela peut influer sur le taux de fréquentation. A Dijon, je pense que cela pourrait être un peu mieux. La JDA représente vraiment quelque chose ici. Culturellement et historiquement, j’ai cru comprendre que Dijon était une ville plutôt tournée vers les sports de salle. Dans cette ville, le basket est beaucoup plus populaire que certains veulent bien l’imaginer.



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