DTM: le renouveau international de Dijon-Prenois
29/01/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 127 | Par Andrea De Cesaris


La Gazette : Que signifie DTM ?
Jacques Franc, conseiller du président du circuit de Prenois et responsable de l’organisation de la course de Dijon de DTM :
Deutsche Tourenwagen Masters. En fait, c’est le championnat de super tourisme allemand.
Allemand, mais les courses se déroulent partout en Europe…
C’est la base organisationnelle qui est allemande. Il y a des manches du championnat en Allemagne mais aussi en Espagne, en Angleterre, aux Pays Bas et donc en France avec la course d’octobre prochain. C’est tout simplement le championnat qui est technologiquement le plus relevé avec la F1. Les autos sont de véritables « silhouettes » qui ont l’apparence de Mercedes classe C et d’Audi A4 mais qui n’ont en réalité aucune pièce en commun avec les voitures de série. Ce sont les voitures de tourisme les plus rapides au monde.
Avec au volant de vraies stars ?
Ces dernières années, on a retrouvé derrière le volant de nombreux ex-pilotes de F1 : Jean Alesi, Mika Häkinnen (ndlr : champion du monde de F1 en 98 et 99), Heinz-Harald Frentzen ou encore le recordman de victoires au Mans, Tom Kristensen. Du talent pur avec un très haut niveau de professionnalisme mais dans une ambiance plus détendue qu’en F1.
C’est-à-dire ?
En DTM, tout est fait pour que le spectateur soit au contact des pilotes qui se prêtent avec plaisir à des séances d’autographes et les passionnés peuvent voir les voitures dans les paddocks. Bien loin de l’esprit de la F1 où tout est fermé, caché. C’est la clé du succès du DTM depuis de nombreuses années.
Un championnat qui est télévisé par des chaînes du monde entier…
Les courses sont tournées vers le spectacle. On peut presque dire que ce sont des sortes de Formule 1, donc ultra-performantes et avec des passages en courbe impressionnants, mais carénées et les pilotes peuvent donc se permettre de se toucher sans craindre que les roues ne s’enchevêtrent comme en monoplace. Il n’est pas rare de voir quatre pilotes de front. Forcément, cela produit des scènes très chaudes sur la piste.
Lors de ce week-end, on retrouvera de nombreuses autres disciplines ?
Oui, notamment les fameuses Euro séries de Formule 3 qui sont tout simplement la référence internationale de la catégorie et un véritable tremplin pour la F1. Hamilton, Sutil, Rosberg, Kubica, Vettel… Presque tous les pilotes de F1 actuels sont passés par les Euro séries de F3.
On retrouvera aussi la Porsche Cup internationale, la Coupe Seat Leon ou encore la formule Renault 2.0.
Le circuit de Prenois ne reçoit pas seulement la course. Vous êtes aussi co-organisateur…
Avec nos amis allemands de l’ITR qui possèdent les droits du DTM, nous organisons cette manche et nous assumons donc notre part de risque financier. A Prenois, on a connu différentes périodes : la F1, les prototypes, les courses de camions et maintenant le DTM. Le fait de recevoir cette compétition est le symbole du renouveau du circuit de Prenois sur le plan international. C’est aussi la récompense de nombreux efforts et des travaux de l’an dernier qui ont permis d’améliorer la sécurité en agrandissant certains dégagements, notamment ceux de la si rapide courbe de Pouas. Tout cela sans dénaturer ce tracé très vallonné qui reste un des plus appréciés dans le monde que cela soit par les pilotes ou les spectateurs. Un vrai circuit moderne en plein cœur de la forêt.
Une vraie dynamique semble s’être mise en place autour de vous ?
Un pool s’est constitué entre le circuit, les médias, les collectivités locales, les professionnels du tourisme, consulaires et économiques pour que cet évènement soit une totale réussite. Il faut dire que les spectateurs et bien sûr les membres des écuries vont venir de l’Europe entière et que l’économie régionale a tout à y gagner.
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