Economie

Des années qui comptent…

05/02/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 128 | Par Andrea De Cesaris

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Première. Après un combat de longue haleine, Jean-Louis Humbert va finaliser la signature d'une convention de partenariat inédite en France entre l'Union des Métiers de l'Industrie Hôtelière (l'UMIH) et la Caisse d'Epargne de Bourgogne Franche-Comté.

Patrick Jacquier et Jean-Louis Humbert de l'UMIH, entourant Alain Maire, président du directoire de la caisse d'épargne de Bourgone et de Franche-Comté.

« J’en ai marre, vous entendez…Marre… ». Ainsi s’exprimait le bouillant président des cafetiers en octobre dernier dans un numéro de la Gazette consacré aux problématiques du monde de la nuit. En cause pour Jean-Louis Humbert, les mises en place de lois de plus en plus restrictives pour leur métier mais surtout les difficiles rapports entretenus avec l’univers bancaire.
« C’est une véritable galère que nous font vivre les banques pour que nous puissions nous installer. Un vrai parcours du combattant. Je me souviens il y a seize ans des incroyables difficultés que j’ai eues pour bénéficier d’un prêt de seulement 400 000 francs (environ 60 000 euros) pour monter ma première affaire. Tous les banquiers me faisaient l’apologie de mon dossier. J’étais issu d’une famille de professionnels de l’hôtellerie, j’étais directeur des casinos de Contrexeville et bien sûr j’avais un apport assez important, et pourtant à chaque fois j’étais recalé ». Jean-Louis Humbert garde d’ailleurs encore une certaine amertume de cette époque: « pour un jeune entrepreneur, c’est très frustrant. Que je sache, le rôle d’une banque c’est bien de prêter de l’argent, non ? Quand je pense que l’on peut acheter une maison en remboursant sur 20 ans mais que lorsque l’on veut créer un vrai lieu de vie et créer de l’emploi, on nous répond systématiquement que le remboursement ne peut dépasser 7 ans et encore, avec 50% d’apport…Vous savez, à terme, cela peut devenir dangereux car comment voulez-vous dans ces conditions que certains n’aient la tentation de pousser à la consommation quand vous avez de telles échéances ? ».
Alors comment convaincre les banques d’être plus souples ? « Nous étions devant un mur, on a cherché à faire notre autocritique et nous avons compris que pour être respectés, nous devions nous professionnaliser. Il est clair que depuis la mise en place du permis d’exploitation qui impose une obligation de formation à tous les futurs patrons, nous avons gagné en crédibilité et sommes alors de nouveau montés au créneau auprès des institutions bancaires ». Avec plus particulièrement, une rencontre avec Alain Maire (voir encadré), le président de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté – mais aussi du comité  des banques en Bourgogne – qui semble avoir convaincu ce dernier. En effet, il a accepté de signer avec Patrick Jacquier, le président de l’UMIH Côte d’Or, une convention de partenariat qui devrait permettre de sortir du carcan des habituels 50% d’apport jusque-là demandés et des 7 ans de nantissement pour aller au cas par cas jusqu’aux 10 ans réclamés. Une signature qui sonne comme une victoire pour Jean-Louis Humbert : « c’est en tout cas la récompense d’un combat mené par tout un syndicat bien décidé à ne pas se laisser faire, compris ? » Compris .



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