Coiffeur de star
26/02/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 131 | Par Xavier Gauthier

La Gazette : Quel est votre parcours professionnel ?
Vincent Moutault : Je me suis lancé dans la coiffure car j’aime ce qui est beau et la coiffure rassemblait en une seule discipline tout ce que j’apprécie : l’esthétique, la matière et la sculpture. Je me suis formé auprès de coiffeurs, tous Meilleur Ouvrier de France (MOF) chez qui le soir je continuais à me perfectionner pour en apprendre le maximum. En même temps, j’ai épluché tous les livres ayant trait à la coiffure pour tout connaître des différentes techniques. Au début, j’avais comme influence Alexandre de Paris, le plus grand maître de la coiffure. Puis, j’ai tout déconstruit ce que je savais pour recréer mon propre univers.
Quand avez-vous ouvert votre premier salon ?
Fin 1996, j’ai repris un salon, place Emile Zola à Dijon, que j’ai rebaptisé 220. Un chiffre à la fois anagramme de mon prénom et nom d’un magazine de triathlon, un sport que j’ai longtemps pratiqué.
J’ai gardé ce nom quand j’ai ouvert mon second et actuel salon, rue Charlie Chaplin, proche de la place Suquet.
Comment travaillez-vous dans votre salon ?
Je travaille à sec, une technique anglo-saxonne, qui permet au cheveu de se mettre là où on veut. C’est beaucoup plus précis que le travail sur cheveux humides.
En plus de mon salon, j’ai créé un coin pour moi, La Loge, où je suis seul avec ma cliente pour un travail plus fouillé. Là, je suis totalement à l’écoute de la cliente, je travaille plus au feeling. Je fais du sur-mesure. Je coiffe et, bientôt, je maquillerai mes clientes avec autant d’attention que les stars! Au salon, les stars sont les clientes!
Sur l’ensemble du salon, chacun de mes collaborateurs a sa propre personnalité. Il n’y a ni tenue blanche ou noire de rigueur. Chacun vient avec sa personnalité et la garde. C’est pour ça que j’aime m’entourer de gens à fort tempérament car ils apportent beaucoup plus au salon.
Et en permanence, que ce soit moi ou mes collaborateurs, nous suivons des stages pour sans cesse se perfectionner, connaître les nouvelles tendances en matière de coiffure et de produits capillaires.
En dehors du salon à Dijon, vous partagez votre temps entre de nombreuses interventions ?
Je travaille sur de nombreux tournages de film en tant que coiffeur et maquilleur. J’interviens surtout sur des films d’art et essai. J’ai notamment eu l’occasion de coiffer Pierre Arditi, Sarah Biasini, la fille de Romy Schneider, Bruno Solo, Bérénice Béjo, Tcheky Karyo, Richard Bohringer. Ainsi que des chanteurs lors des tournages des clips tels que Rachid Taha ou encore les Hush Poppies. Et tous les ans, je vais au Festival de Cannes.
Sur les shows de la profession qui ont lieu à travers toute la France n’interviennent que les pointures de la coiffure. Chacun d’entre nous devient le temps de notre prestation un créateur à part entière. Là, je fais tout : la mise en scène avec jeux de lumière, chorégraphie, musique…C’est un vrai spectacle où je ne me donne aucune limite.
A Dijon, je travaille pour l’opéra et le théâtre. En générale, je ne m’occupe que des solistes pour lesquels je crée les perruques.
Ce qui me plait dans un film, un spectacle,un clip, plus que l’ambiance, c’est toute la recherche en amont, sur la psychologie des personnages, et en déduire une silhouette, ce travail est fait avec la costumière.
Avec toutes ces sollicitations et votre savoir-faire reconnu dans la profession, pourquoi restez-vous à Dijon ?
Car j’aime la région, comme sportif mais aussi parce que je suis fidèle. Fidèle à mes amis qui habitent dans la région. Fidèle, aussi, à ma clientèle qui me suit depuis 15 ans et grâce à qui, j’ai pu faire autre chose. Et enfin, fidèle à mes collaborateurs avec qui j’aime travailler.
Pourquoi participez-vous au prochain salon Mode, Forme et Beauté ?
L’organisateur du salon, Karim Laïd, voulait un show pour dynamiser le podium. Ce qui est ma spécificité. Pour ce salon, je vais faire deux coupes et une coiffure attachée par jour. Ce sera une démonstration résolument esthétique, rock, dynamique et un peu décalée. Je veux montrer aux Dijonnais que la tendance n’est pas qu’à Paris.
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