Politique

Jean-Claude Robert : « Les élus doivent se serrer les coudes »

26/02/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 131 | Par Arnaud Bousquet

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Best of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans la Gazette chaque semaine. Lundi, Arnaud Bousquet recevait le socialiste Jean-Claude Robert, maire et conseiller général de Gevrey-Chambertin, président du groupe d'opposition au sein du Conseil Général de la Côte d'Or.

Best of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans la Gazette chaque semaine. Lundi, Arnaud Bousquet recevait le socialiste Jean-Claude Robert, maire et conseiller général de Gevrey-Chambertin, président du groupe d'opposition au sein du Conseil Général de la Côte d'Or.

Arnaud Bousquet : Vous, les 21 conseillers généraux de gauche, avez voté le plan de relance économique proposé à l’échelle départementale par la majorité de droite de François Sauvadet. Comment pouvez-vous cautionner ce plan et dans le même temps dire qu’il sera « trop faible, inefficace, qu’il oublie l’essentiel » et vous insurger contre « l’absence complète de concertation » ?
Jean-Claude Robert : Il est de l’honneur et de la responsabilité des élus d’essayer de se serrer les coudes pour porter une réponse à nos concitoyens. Je regrette que le président du Conseil Général nous ait présenté un plan sans daigner nous associer dès le départ. Nos aurions été prêts à travailler avec lui pour essayer de trouver des voies de convergence bien avant. Nous avons proposé un plan alternatif beaucoup plus important car 10 millions d’Euros, ce n’est pas à la hauteur des attentes et de la crise économique dans notre département. Nous avons senti dans la majorité, en particulier chez Louis de Broissia, que l’on pouvait essayer de trouver un consensus. Nous avons fait cette proposition : si vous vous engagez à examiner nos propositions, on est prêts à faire un premier pas. Si le président du Conseil Général ne tient pas son engagement, nous aurons le sentiment d’avoir été floués et trompés, et il portera seul la responsabilité des conséquences économiques, sociales et politiques de ce geste éventuel.
Vous faites de la politique depuis longtemps, Jean-Claude Robert. Vous savez que le piège est gros comme une maison parce qu’en votant ce plan, vous offrez une assurance tous risques à François Sauvadet.  Si ce plan ne sert à rien et fait pschitt, vous ne pourrez rien dire parce que vous l’aurez voté. Vous êtes conscient de ce risque ?
Oui, mais il ne faut pas être manichéen. Tout n’est pas négatif. Il vaut mieux un petit plan insuffisant que pas de plan du tout. Des choses vont dans le bon sens quand il reprend des propositions que nous avons faites. Quand il augmente les crédits pour l’insertion qui avaient été complètement oubliés dans le budget primitif, ou pour des travaux que nous avions souhaités, ça va dans le bon sens ! Nous attendons maintenant d’être réunis dans un groupe de travail constitué en accord avec la majorité pour examiner les propositions.
J’ai mis les deux plans sur mon bureau. Celui présenté par François Sauvadet et le votre. J’y vois pas mal de pragmatisme et pas de différences fondamentales dans les orientations. Qu’est-ce qui vous sépare radicalement, dans vos pistes pour relancer l’économie en Côte d’Or ?
Toutes les conséquences sociales de la crise ont été pratiquement évacuées ou ignorées par le plan de la majorité. Il y a trop de saupoudrage. Il faut prendre en compte les difficultés sociales des Côtes-d’Oriens. Nous proposons par exemple des aides importantes pour le logement social, et dans le respect du Grenelle de l’Environnement. Il faut aussi proposer un mini-crédit social, pour les gens en grande difficulté pour payer le chauffage ou le loyer. Ca leur évitera d’aller à leur banque, de prendre un crédit-revolving qui les enfonce encore plus dans la crise !
Le ticket de car Transco à tarif unique, 1€50, ça, c’est une mesure de gauche. Ca se fait en Saône-et-Loire, département tenu par le PS et Arnaud Montebourg, donc vous ne pouviez pas vous y opposer.
Non seulement on ne s’y oppose pas mais nous l’avions réclamé depuis longtemps. Ca figurait dans notre plate-forme cantonale. Nous regrettons que ça n’ait pas été fait plus tôt. Mais nous souhaitons que les Côtes-d’Oriens qui vivent des minima sociaux bénéficient d’un transport gratuit.
Question essentielle, Jean-Claude Robert. Le plan de François Sauvadet, c’est une somme de 10 millions. Le votre, ce sont 25 millions d’Euros ; vous les trouvez où ?
Nous prenons les 10 millions du remboursement anticipé de TVA. Ensuite, compte-tenu de la gravité de la crise, le Conseil Général peut emprunter de 12 à 13 millions, à financer par des économies de fonctionnement… surtout quand on sait que les frais de communication et de réception ont augmenté de 40% en un an ! On peut faire des économies.



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