Rémy Boursot : « Priorité aux Français »
26/02/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 131 | Par Alexis Billebault

La Gazette : Rémy Boursot, si on vous dit que le FN va mal…
Rémy Boursot : Si vous parlez des finances, on ne peut pas le nier. Jean-Marie Le Pen n’a pas encore réussi à vendre le Paquebot et les derniers résultats des législatives ont fait mal, puisque le parti n’a pas atteint les 5 %. Pour le reste, je rappelle que le FN n’est pas le seul parti de France à connaître quelques difficultés. Chez les socialistes, tout n’est pas réglé. Le problème, c’est que la classe politique, aidée par les médias, diabolise sans cesse le FN. Les Français sont victimes d’un véritable lavage de cerveau. Sarkozy s’est pourtant fait élire en reprenant beaucoup de nos idées.
Il n’y a pas que les finances. Le parti a perdu certains de ses cadres (Lang, Lehideux, Martinez) et est aussi victime de la guerre de succession de Jean-Marie Le Pen…
Des cadres sont partis, c’est exact. Ils ont quitté le navire parce qu’il n’y avait plus rien à gratter. Ils ont préféré s’en aller au lieu d’aider le Front. Ils sont partis pour mieux couler. Parce que ceux qui vont créer un nouveau parti vont couler !
Cela s’adresse aussi à votre prédécesseur à la tête de la fédération côte d’orienne, Pierre Jaboulet-Vercherre, qui annonce la disparition du Front cette année ?
Moi, j’ai travaillé longtemps avec lui. Nous avions de bonnes relations, mais à la fin, je n’étais plus d’accord avec lui. Je sentais bien qu’il n’était plus vraiment concerné. La fédération ne vivait plus vraiment, il n’y avait plus de réunions ni de communication. Les adhérents se sentaient un peu oubliés. Je ne comprends toujours pas pourquoi Jaboulet-Vercherre s’est comporté comme ça. Et je peux lui garantir que le FN sera toujours là en 2009, mais également après !
Il affirme qu’il vous a laissé une fédération en bonne santé financière…
C’est vrai. Mais j’ai l’intention de faire revivre cette fédération. En organisant des réunions et des dîners. Pour les européennes, un bus va sillonner la Bourgogne pendant plusieurs jours, Jean-Marie Le Pen pourrait bien venir à Dijon et pour la convention sur ces élections à Arras les 14 et 15 mars, nous allons organiser un déplacement de militants. Et en septembre, nous lancerons la campagne pour les régionales. Autre point positif, le nombre d’adhésions. Depuis décembre, nous en avons enregistré une quarantaine. La fédération compte aujourd’hui un peu plus de 300 adhérents.
La venue de Jean-Marie Le Pen chez vous, à Chambolle-Musigny début février, c’était un bon coup de pub pour le nouveau président que vous êtes…
Cela ne fait pas de mal, bien sûr. Jean-Marie Le Pen a un vrai charisme, et sa venue a attiré beaucoup de monde On a même été obligé de refuser des gens qui voulaient assister à ce déjeuner-débat. Par contre, cela n’a pas été très bien perçu par le maire de Chambolle-Musigny. Il n’a pas vraiment apprécié la venue de Le Pen…
Le Front National a un discours qui ne varie guère, puisqu’il fait référence à l’immigration, son cheval de bataille, aux méfaits de l’Europe sans oublier d’égratigner Nicolas Sarkozy. Ne faudra-t-il pas qu’il élargisse un peu son champ de vision ?
Mais la force du FN, c’est de parler des vrais problèmes aux Français ! D’ailleurs, qu’on le veuille ou non, certaines de nos idées sont partagées par des Français qui ne votent pas pour nous ! On va parler de l’immigration : vous admettrez que nous ne pouvons plus nous permettre d’accueillir tout le monde en France ! Il n’y a plus de logements disponibles, ni de travail ! Il faut donner la priorité aux Français ou aux étrangers qui sont en situation régulière, qui travaillent et qui respectent nos lois et notre culture. C’est pour cela que nous demandons le rétablissement de nos frontières. Et je tiens à préciser que nous n’avons rien contre les immigrés, mais contre l’immigration. Mais je le répète, la France ne peut plus assumer cette immigration massive, qui lui coûte beaucoup d’argent !
Et que Sarkozy baisse les charges des entreprises !
Vous êtes europhobe ?
Non, je suis pour un protectionnisme raisonné. L’Europe ne nous protège pas vraiment et en plus, elle détruit des emplois. Sans parler de ses frontières trop poreuses… J’ai peur, qu’à terme, la France perde son identité. On doit défendre notre culture ! Je n’ai pas envie d’une France islamisée.
Le FN va-t-il jouer gros lors des élections européennes de juin ?
En 2004, nous avions fait près de 10 %. Ce serait bien de faire un score identique. Si les médias donnaient un peu plus la parole à Jean-Marie Le Pen, notre message serait davantage entendu. On fait passer Le Pen pour un extrémiste et un nazi… Mais Olivier Besancenot, qui représente une extrême-gauche violente, est invité partout. J’ai du mal à comprendre .
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