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Taxe professionnelle : « Nos métiers seront touchés »

26/02/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 131 | Par Jérémie Demay

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Incertitude. La suppression de la taxe professionnelle embête considérablement les collectivités territoriales. Mais même les entrepreneurs, qui devaient être les premiers bénéficiaires de cette réforme, ne savent pas sur quel pied danser.

Les entreprises de travaux publics sont perplexes quant à  la suppression de la TP.

« Dans le monde des entreprises, cette taxe est considérée comme étant la plus idiote possible », explique calmement Patrick Laforêt, président de la CCI de Dijon. C’était bien le but premier recherché par Nicolas Sarkozy quand il a annoncé sa suppression. Les entrepreneurs sont comme tout un chacun. Quand un impôt est supprimé, personne ne va crier au scandale. Sauf que, dans ce dossier, il ne s’agit pas exactement d’un réel abandon, mais d’un remplacement. La TP permet aux collectivités territoriales d’amasser chaque année plus de 28 milliards d’euros. Privées de cette manne, les institutions locales pourront difficilement financer de grands travaux, alors il faudra bien compenser. D’ailleurs, c’est bien ce qui gêne Francis Pennequin, chef de l’entreprise éponyme : « c’est une annonce prématurée. Je ne crois pas en sa suppression. De la petite collectivité à la plus vaste, cette collecte d’impôt est nécessaire à l’aménagement du territoire. Je ne vois pas comment ils pourraient se passer de cette ressource ». L’entrepreneur de travaux publics est perplexe. Si cette annonce devait rassurer les entreprises en les faisant moins payer, pour lui c’est bien le contraire. En effet, si les collectivités ont moins d’argent, elles construisent peu, ce qui mécaniquement ferait baisser son carnet de commandes : « où vont-elles investir le moins ? Dans l’aménagement du territoire, dans les lycées, les collèges. Si elles construisent moins, forcément nos métiers seront touchés », regrette Francis Pennequin.
Alors, le gouvernement tente de trouver la parade pour compenser cette suppression : la taxe carbone. Mais là aussi, cette nouvelle contribution des entreprises est entourée d’un gros point d’interrogation. Effectivement, personne aujourd’hui n’en connait réellement les contours. Sur quelle base sera-t-elle prélevée ? Quel pourcentage ? La taxe carbone s’apparente plus à un nuage de fumée qu’à une vraie solution. Ces incertitudes ne rassurent absolument pas certains secteurs d’activité. Par exemple, les transports. Si la taxe carbone est instaurée, quid des transporteurs ? Ce métier par définition pollue. Même dans ce domaine, des efforts sont opérés, la taxe carbone les toucherait de plein fouet. Bien sûr, le train ou les péniches peuvent remplacer certains camions. Cependant, pour les livraisons de proximité, le petit camion est indispensable. Ce secteur est déjà en mauvaise forme, et cela n’est pas fait pour s’arranger : « Dans le milieu du transport, les boîtes qui ferment sont plus nombreuses que celles qui ouvrent. Mais avec cette taxe carbone, ils déshabillent Pierre pour rhabiller Paul. Cela ne sert à rien », s’agace Julien Pinnert, responsable de COB Express. « Rien n’est précisé autour de cette taxe carbone. Nous, avec les véhicules légers ou poids lourds, on émet plus de CO². Les transporteurs seraient une nouvelle fois les boucs émissaires, pendant que d’autres paieraient moins d’impôts », s’énerve le transporteur. Cette idée d’égalité face à ces taxes est au centre des préoccupations. Les entrepreneurs ne sont pas forcément contre un impôt, mais leur seul souhait reste l’égalité et l’efficacité de ce dernier. « Pourquoi ne pas instaurer une taxe sur le chiffre d’affaires ? », s’interroge Francis Pennequin. Ce système aurait, il est vrai, plusieurs avantages comme de moins pénaliser les exportations, et tout en nivelant les effets sur les importations. En attendant, ce dossier de la suppression de taxe professionnelle reste dans le flou artistique le plus total.



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