Cacophonie à l’Opéra
26/03/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 135 | Par D.R.
« Non à l’externalisation de l’orchestre ». Banderoles déployées, slogans, pétitions. La mobilisation était plus forte que jamais, lors de la grande manifestation de jeudi dernier. En cause, le plan de restructuration de l’Opéra de Dijon qui prévoit l’intégration de l’orchestre à l’association La Camerata de Bourgogne, dont certains musiciens sont déjà membres. Au-delà de la rogne, beaucoup d’interrogations sans réponse en particulier concernant les nouveaux contrats de travail. « Généralement, quand on est recruté dans un orchestre, c’est à vie. Avec la Camerata, on ne nous garantit que trois ans de travail sûr. Et après ? », s’inquiète Nelly Loustau, intermittente du spectacle, et déléguée syndicale du Sia-Unsa. Qui dit nouveau contrat, dit nouvelles conditions de travail. « Nous n’avons aucune aigreur vis-à-vis de la Camerata. Le problème est qu’elle n’a jamais géré durablement un orchestre de 44 personnes. Habituellement, elle emploie de petites formations d’une dizaine de musiciens », affirme Marie-Hélène Astruc, violoniste de l’orchestre et déléguée syndicale du Samb-CGT. Directement lié à ce transfert, c’est l’avenir de l’orchestre à moyen terme qui est en jeu. « Par exemple, pour nos répétitions, on passe de l’Auditorium à la Chapelle de l’hôpital général de Dijon dans laquelle il sera très difficile de faire jouer l’orchestre au complet. Ce transfert touche donc directement à notre identité », poursuit-elle. Face à toutes ces inquiétudes, la mairie campe sur ses positions. « Il n’y aura aucune suppression de postes. On garantira le même nombre de prestations aux musiciens et le budget sera maintenu », assure François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon. « De plus, si l’on a pris cette décision, c’est aussi parce que la majorité des musiciens sont enseignants. Ce qui revenait à payer deux fois pour le même service. « Faut-il rappeler que c’est la mairie qui a imposé aux enseignants du conservatoire de jouer à l’Opéra ? Il est temps que M. Rebsamen prenne ses responsabilités », rétorque Marie-Hélène Astruc. « Plus que le transfert, ce que l’on dénonce aujourd’hui, c’est l’absence d’échange. La mairie refuse de nous reçevoir pour répondre à nos inquiétudes. C’est quand même de nos emplois qu’il s’agit ! », déplore Nelly Loustau. En attendant, l’orchestre reste mobilisé tant que la mairie rejette tout échange. Entre pipeau et dialogue de sourds, le dossier est en train de virer à la cacophonie.
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