Société

PhilippeTribaudeau : « On est sà»rs de gagner »

23/04/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 139 | Par D.R.

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Polémique. Dès juin prochain, 122 antennes de base Wimax seront installées afin de garantir l'accès haut débit aux Bourguignons. Différentes associations dénoncent leurs risques sur la santé. Rencontre avec l'un de ces opposants.

Atteint depuis 2008 d'electronsensibilité, Philippe Tribaudeau se bat contre l'implantation d'antennes relais.

Il a 48 ans et est, ironie du sort,  professeur de technologie en lycée. Philippe Tribaudeau, électrosensible depuis 2008, milite pour sensibiliser les gens aux risques sanitaires des nouvelles technologies de télécommunication sans fil, en particulier ceux de la Wi-fi. « Que les choses soient claires, je ne suis pas contre le progrès ni l’internet haut débit. Je m’oppose à ce projet car il expose les Bourguignons à des problèmes de santé réels », explique-t-il. « D’autres alternatives sont possibles. Par exemple, désactiver la fonction Wi-fi des box et privilégier le câble éthernet », poursuit-il.
Son argument le plus parlant est son handicap. Dès mars 2008, il ressent des moments de fatigue intense, des « engourdissements du cerveau », des brûlures au visage lorsqu’il reste trop longtemps devant son ordinateur. Les mois passent et les douleurs s’accentuent. Après une nette amélioration pendant les vacances, à la rentrée scolaire, tout recommence. « Cela devenait insupportable de travailler. Chez moi, c’était la même chose. J’ai dû me mettre en arrêt maladie. » Habitant dans l’enceinte du lycée, son épouse étant l’infirmière de l’établissement, il est obligé de s’exiler pendant deux mois dans les bois en camping-car. Deux mois durant lesquels il a dû demander à tous ses voisins de désactiver leur Wi-fi. Pas évident. « C’est difficile de convaincre les gens que tu n’es pas fou. Mais j’ai réussi à les sensibiliser à mon problème. » Son quotidien, il le vit le plus possible dans la nature, loin des ondes… et des hommes. « Aujourd’hui, je suis complètement désocialisé, je n’ai plus d’emploi, on me prend pour un fou ou un phénomène de foire et à côté de ça, je souffre. »
A ce jour, pas de traitement. Il existe quelques techniques pour atténuer la pénétration des ondes mais rien pour les arrêter complètement. Ainsi, Philippe utilise une cage de Faraday, sorte de moustiquaire contenant des éléments métalliques qui limitent le passage des ondes.
Alors, comment envisager l’avenir quand on apprend que désormais des antennes de forte puissance vont être installées partout et que celles-là, Philippe ne pourra pas les désactiver. « Je sais que je n’ai pas encore tout perdu. Je peux encore être contraint de quitter ma région. » Seule alternative pour lui, se battre contre l’installation de ces stations. Pour lui, mais surtout pour que d’autres n’aient pas à subir ce qu’il vit. « On est sûrs de gagner. De plus en plus de pays reculent face aux différentes études scientifiques (voir encadré) », lance-t-il convaincu. Il va d’ailleurs très prochainement participer à un protocole de tests cliniques à Paris. En attendant la victoire, son seul refuge contre les ondes reste la forêt .



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