François Sauvadet : « Je ne serai pas absent des élections Régionales »
29/04/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 140 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : Avec vous on ne vieillit pas : à chaque fois que je vous reçois, je dois vous poser la même question qui semble toujours dans l’air du temps : faites-vous partie des ministrables lors du remaniement du mois de juin ?
François Sauvadet : Il y a plusieurs noms qui circulent sur des fonctions ministérielles. Si un jour le président de la République estime qu’il est nécessaire pour l’intérêt du pays que je participe à l’action gouvernementale, évidemment je m’y engagerais. Mais je ne suis pas de ceux qui tous les matins, en se rasant, se disent « à quand ? » J’ai fait des offres de service pour travailler dans la majorité au moment de la Présidentielle. J’ai fait un choix politique que n’a pas partagé François Bayrou. Lui s’est positionné dans une opposition systématique. Moi j’ai choisi de rendre utiles les idées que nous avons portées ensemble dans la majorité pour servir le pays.
On vous a senti, ces dernières semaines, en tant que président du groupe parlementaire Nouveau Centre, très agacé par les pratiques de Jean-François Copé…
Il y a un mode de fonctionnement nouveau à trouver dans la majorité à l’Assemblée. Il y a eu des couacs sérieux sur des votes et même sur des relations. Jean-François a eu parfois une attitude une peu méprisante à l’égard de certains élus et j’ai trouvé que ça n’était pas très convenable. Quand on participe à une majorité, on n’est pas tous le doigt sur la couture du pantalon et on n’a pas besoin de surveillant général ! J’espère qu’au Parlement, Jean-François Copé se montrera plus coopératif, y compris dans sa propre famille politique.
Un mot sur les Européennes. Pourquoi pas de listes autonomes du Nouveau Centre ? Vous êtes, vous les anciens de l’UDF, à 100% d’accord avec l’UMP sur les dossiers européens ?
On est en phase sur l’essentiel. Nicolas Sarkozy a fait bouger les lignes pendant la présidence française. Sa volonté de mettre en chantier le traité de Lisbonne, de parvenir à une coordination de nos politiques en situation de crise, sa position opposée à l’adhésion de la Turquie… tout ça me parait aller dans le bon sens. Au Nouveau Centre, on s’est posé la question : est-ce qu’on va vers des candidatures de témoignage ou est-ce qu’on veut avoir des élus au sein du Parlement européen ? On a choisi d’y aller avec nos partenaires en demandant à avoir des élus qui siègeront et qui porteront nos idées. Nous négocions avec l’UMP, partant sur l’idée d’avoir 3 députés européens Nouveau Centre et représenter 20% de l’ensemble des candidats sur les listes.
Autre scrutin, un peu plus lointain. Etes-vous, oui ou non intéressé par le job de président de Région ?
Ah, il est sûr que je ne serai pas absent des élections Régionales ! Il faut que les choses bougent. Je ne me satisfais pas d’un certain nombre de politiques menées par la majorité actuelle. On est recordmans sur les prélèvements et sur les impôts, mais pas sur l’investissement ! Et bien voilà, on le dira pendant la campagne. L’UMP a choisi son chef de file : Alain Suguenot. Le Nouveau Centre se choisira aussi un chef de file. Puis il y aura des discussions pour savoir comment nous allons mener le combat. Je pense que nous devrons le mener ensemble pour préparer une alternance en Bourgogne.
Il y a quelques jours, vous avez soufflé votre première bougie à la tête du Conseil Général. Sur la forme de votre présidence, la gauche nous dit regretter votre prédécesseur l’UMP Louis de Broissia qui, lui, “savait écouter et construire” avec l’opposition. Alors donnez, s’il vous plait, aux conseillers de gauche, une raison concrète de croire à votre ouverture d’esprit.
Ils sont très embarrassés. Ils ont voté notre plan de relance parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement. Depuis, ils ne cessent de dire que c’est un mauvais petit plan. Alors pourquoi ils votent des mauvais petits plans ? Quand Louis de Broissia était président, c’était l’inverse : ils voyaient les pires défauts à Louis de Broissia et ils faisaient mine de dire publiquement « vivement que François Sauvadet lui succède ! » Ils attaquent celui qui est en charge de responsabilités avec un esprit de revanche parce qu’ils pensaient voir ce Conseil Général basculer à gauche. Ben voilà ! Qu’ils jouent leur rôle au service des Côte d’Oriens. On s’en portera mieux plutôt que ces attaques personnelles incessantes que je trouve déplacées dans les situations de crise qu’on traverse .
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