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Jean-Paul Durand : « La reconnaissance d’une équité fiscale »

29/04/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 140 | Par D.R.

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Fiscalité. Suite à  la signature du « contrat d'avenir », prévoyant, entre autres, l'abaissement de la TVA à  5,5 % pour les cafés, hôtels et restaurants, à  compter du 1er juillet 2009, rencontre avec Jean-Paul Durand, président des restaurateurs de l'UMIH de Côte d'Or.

Jean-Paul Durand : « La reconnaissance d'une équité fiscale »

La Gazette : Comment réagissez-vous à la signature de ce « contrat d’avenir » ?
Jean-Paul Durand : C’est un projet qu’on attend depuis dix ans. C’est l’aboutissement d’un long travail de l’UMIH (Union des métiers des industries de l’hôtellerie). Mais attention, le fait d’abaisser la TVA de 19,6 % à 5,5 % pour les professionnels de la restauration n’est pas un cadeau fiscal c’est la reconnaissance d’une équité fiscale. Il faut savoir, que la restauration rapide est déjà à 5,5 %, contrairement aux restaurants. Pourtant, c’est le même métier.
En échange de cette baisse de TVA, le gouvernement impose des contreparties aux restaurateurs telles que la revalorisation des salaires des employés, la baisse des prix, la modernisation du secteur et la création d’emplois supplémentaires. Tout cela est-il concrètement réalisable ?
Pour ce qui est de la revalorisation salariale, c’est tout à fait normal et réalisable. En ce qui concerne la baisse nos prix d’environ 11 % sur les produits solides (plats) et quelques produits liquides tels que le café, les jus de fruits… c’est plus compliqué. En pratique, ce sera possible sur certaines consommations mais on ne pourra pas abaisser nos prix de 11 % sur tous les produits. Par exemple, il est difficile d’envisager un plat du jour qui passe de 7,50 € à 6,50 €. De plus, il faut que les fournisseurs jouent le jeu. Si chacun y met du sien on peut y arriver. Troisième obligation, moderniser le secteur en investissant par exemple dans la mise au norme des locaux pour une meilleure accessibilité des handicapés. Très bien, dans ce cas, il faudrait dire aux banques de baisser leurs taux d’intérêt. On attend de voir, même si on nous promet des prêts préférentiels via un fonds spécial. Enfin, nous devons générer 40 000 embauches. Nous sommes plus que prêts. Aujourd’hui, les restaurateurs courent après l’emploi. Le problème, c’est qu’il n’y a personne en face. Par exemple, en Côte d’Or, il existe plus de 280 offres d’emploi dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration.   
Pour veiller au respect de ces contreparties, un « comité de suivi » devrait être mis en place. Qu’en pensez-vous ?
Nous n’avons pas besoin d’être surveillés. Nous sommes dans une situation de libre marché. La concurrence fera que les prix vont baisser d’eux-mêmes automatiquement. Le marché de la restauration va se réguler de cette manière. De plus, il y aura une pression de la part des clients. Ce qui m’étonne c’est qu’on a débloqué des milliards d’euros pour l’automobile et les banques sans rien leur demander en retour. A côté de cela, nous ne licencions pas, nous ne délocalisons pas et on nous impose un ensemble de règles en échange d’un allègement fiscal qui, au final, concerne avant tout le consommateur. Aujourd’hui, nous avons gagné un combat. A nous de mobiliser les établissements pour montrer, ensemble, notre bonne volonté et les efforts réalisés. Plusieurs alternatives sont possibles comme afficher les prix en vigueur avant et après le 1er juillet ou effectuer la remise de TVA lors de l’encaissement. C’est à la profession de travailler à l’unisson dans cette voie . 



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