Les petits équipementiers au point mort
29/04/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 140 | Par

’automobile va mal. Le secteur est en crise et à tous les niveaux. Car si l’on entend régulièrement parler de la chute des ventes, derrière, c’est tout un réseau de sous-traitants qui pâtit de ce manque à gagner. En ligne de mire, le premier échelon de la construction automobile, les petits équipementiers. La Côte d’Or n’est pas épargnée. « C’est l’anarchie la plus totale. Depuis fin octobre, nous enregistrons une perte d’activité d’environ 20-30 % », affirme Richard Truchot, directeur du site d’Ergom France à Rouvray, employant environ 150 salariés. « On travaille avec beaucoup d’industries mais pas mal d’entre elles préfèrent désormais privilégier leurs employés plutôt que de faire appel à des sous-traitants. Du coup, plusieurs commandes ont été annulées dès la fin de l’année 2008 », explique Marjorie Rauscher, gérante de Shop Auto, petit fabricant de pièces détachées pour automobile, à Dijon. « Les équipementiers automobiles en Côte d’Or subissent de plein fouet la baisse d’activité des constructeurs automobiles. Cela se traduit par une diminution d’au moins 30% de leur activité », confirme Véronique Guillon, déléguée générale de l’Union des industrie et des métiers de la métallurgie (UIMM) Côte d’Or. « Le secteur automobile est moins important ici que dans d’autres régions de France, comme la Franche-Comté par exemple, ce qui fait que les difficultés ont des répercussions moindres sur l’ensemble de l’activité économique », nuance-t-elle.
Principale cause, la crise de la distribution du secteur. « S’il n’y a pas de vente, il y a crise au niveau de la production », résume Bernard Guyot, directeur départemental du Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA). « Entre la hausse des taux d’intérêts, la crise pétrolière, le système du bonus / malus et la crise économique, la conjoncture ne nous est pas très favorable », poursuit-il.
Face au ralentissement général de l’activité, les équipementiers n’ont d’autre choix que de limiter leurs coûts et de s’adapter à la conjoncture. « La solution pour nous a été le chômage partiel. Depuis fin décembre, on ne travaille plus le vendredi », explique Richard Truchot. Jouer sur les prix ? « Nous les baisserons si nous n’avons pas le choix », déclare, résignée, Marjorie Rauscher. Gilbert Paris, directeur régional de Dijon électro diesel, de Freins service poids lourds et de Comptoir du frein, gère, entre autres, le négoce de la pièce automobile détachée. Pour lui, les équipementiers « serrent les boulons ». « On observe presque une déflation (baisse des prix) sur beaucoup de produits par rapport à 2008 », constate-t-il. De son côté, il ressent une petite baisse d’activité « mais la situation est loin d’être catastrophique. »
Figure d’exception dans ce climat tendu, le sous-traitant Ets Debeaux à Dijon, spécialisé dans la fabrication de régulateurs de vitesse et de réchauffeurs de gazole, ne connaît pas la crise. « Nous n’avons pas connu et nous ne connaissons pas de perturbations dans nos commandes. C’est parce que nous fabriquons des produits rares sur le marché », assure le gérant sans apporter de chiffres à l’appui. L’ultra spécialisation est-elle la solution ? Difficile à dire. En tout cas, la diversification de l’activité n’est pas un gage de sécurité financière. Shop Auto, travaillant également pour le bâtiment, peine à maintenir la tête hors de l’eau. Difficile, dans cette situation, d’envisager l’avenir. « On ne sait pas si on pourra continuer », s’inquiète Marjorie Rauscher. « Cela se calme un peu en ce moment mais je pense que la situation restera inchangée jusqu’à la fin de l’année 2009 », estime Richard Truchot. Dans l’incertitude, chacun s’équipe comme il peut pour faire face et s’arme de patience .
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